La loi du destin - Pascal Patry astrologue et thérapeute à Strasbourg 67000

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Théosophie du Rose-Croix

La loi du destin

Conférence prononcée le 30 mai 1907 par Rudolf Steiner.

Nous allons considérer, aujourd’hui, les expériences vécues par l’homme dans notre monde physique, en tant qu’elles sont déterminées par sa vie précédente.

Disons tout d’abord que la vie n’est pas seulement déterminée par les incarnations précédentes, mais aussi, bien que pour une faible part, par la vie actuelle.

Dans les ouvrages traitant de science spirituelle, cette loi, par laquelle le passé, le présent et l’avenir dépendent les uns des autres, se nomme la loi du Karma.

C’est, en fait, la loi même qui régit le destin de l’homme.

Pourtant, dans toute vie prise isolément, nous n’avons qu’un cas particulier de la grande loi universelle ; ce que nous appelons la loi du Karma est, en effet, une loi cosmique toute générale, et son application à la vie humaine n’est qu’un cas particulier.

Quand nous per­cevons un rapport quelconque entre quelque événe­ment passé et les effets ultérieurs qui en résultent, nous appliquons déjà cette loi, peut-être sans y songer. Aussi vais-je décrire plus particulièrement comment cette loi universelle intervient dans le cours de la vie humaine.

Si nous avons devant nous deux récipients remplis d’eau et que nous jetions une boule de fer chauffée à blanc dans l’un d’eux, l’eau commence à s’échauffer et à bouillonner. Sortons maintenant la boule et jetons-la dans le second vase : l’eau ne s’échauffe plus.

Eussions-nous mis en premier lieu la boule dans le second vase, l’eau eût bouillonné, et la boule se fut refroidie ; mais ainsi, la boule s’étant refroidie dans le premier réci­pient, l’eau du second ne peut plus être amenée à ébul­lition. Le comportement de la boule dans le second vase dépend de son comportement dans le premier. Ainsi, dans la vie physique s’enchaînent continuelle­ment les effets et les causes.

Choisissons un autre exemple dans le règne animal. Chez certains animaux qui ont immigré dans de som­bres cavernes, le sens de la vue s’est atrophié.

Les subs­tances qui auparavant avaient nourri les yeux ont été transférées dans d’autres parties du corps, car les yeux, n’ayant plus besoin de voir, n’en ont que faire ; l’or­gane de la vue dépérit et dans toutes les générations suivantes ces animaux naissent avec les yeux atrophiés.

Par leur fixation en milieu obscur ces animaux ont eux-mêmes provoqué le dépérissement de ces organes et ont déterminé le sort des générations suivantes par leur comportement dans le passé. Il n’en va pas autre­ment dans la vie humaine.

L’homme détermine son avenir par son passé. Par le centre même de son être il n’est pas limité à une seule incarnation, mais passe au contraire par beau­coup de vies successives ; les expériences d’une vie par­ticulière sont donc causées par une existence anté­rieure.

Nous allons maintenant étudier cet enchaînement de cause à effet et pour cela nous allons examiner un peu les conséquences que peuvent entraîner les agissements des hommes, leurs pensées et leurs sentiments.

On entend souvent dire que les pensées sont franches (dic­ton allemand : les pensées sont exemptes de droits de douane), ce qui signifie : on peut penser ce qu’on veut, cela ne gêne personne. C’est là un point de vue maté­rialiste que n’acceptera jamais celui pour lequel les impulsions de l’esprit sont des réalités vécues.

Le matérialiste croit bien que s’il lance une pierre à un homme il peut le blesser ; en revanche, il est per­suadé qu’il ne fait aucun mal à son prochain s’il nour­rit, à son égard, des sentiments de haine.

Mais celui qui connaît le monde dans sa réalité sait bien qu’une pensée haineuse peut produire des effets mille fois plus pernicieux qu’une pierre lancée. Tout ce que l’homme pense et ressent se répercute dans le monde, et le clair­voyant peut suivre, jusque dans tous les détails, l’effet d’une pensée d’amour qu’on réserve à son prochain et l’effet contraire d’une pensée malveillante.

Si vous dirigez vers quelqu’un une pensée d’amour, le clair­voyant voit se former une configuration lumineuse, semblable à quelque corolle, qui enveloppe, d’une légère étreinte, ses corps éthérique et astral, et lui apporte par là bien-être et réconfort. Au contraire, une pensée de haine se plante, telle une flèche acérée, dans le corps astral et dans le corps éthérique.

On peut, dans ce domaine, faire les observations les plus diverses. Quelle différence dans le monde astral, si l’on exprime une pensée vraie ou si l’on dit un men­songe ! Une pensée se rapporte à une chose quelconque, et elle est vraie pour autant qu’elle y corresponde. Un événement, par exemple, a lieu quelque part, dont l’ef­fet se répercute dans les mondes supérieurs.

Quelqu’un rapporte ce fait avec exactitude ; alors une forme astrale se détache du rapporteur et va s’unir à la con­figuration née de l’événement même, et les deux se renforcent réciproquement. Ces formes renforcées ser­vent à nuancer notre monde spirituel, à l’enrichir ; et l’humanité, si elle veut faire des progrès, a besoin d’un monde spirituel harmonieux.

Au contraire, si l’on rap­porte le fait de façon que le récit ne concorde pas avec l’événement, si l’on en donne une version mensongère, alors les deux formes de pensée, celle qu’a suscité le récit et celle qui provient de l’événement, s’entrecho­quent dans l’astral et se détruisent mutuellement.

De pareilles destructions qui ont quelque chose d’explosif agissent à la façon d’une tumeur rongeant le corps phy­sique et détruisant l’organisme. Ainsi les mensonges détruisent et tuent les formes astrales qui ont surgi et qui doivent surgir et, par là même, retardent ou même empêchent, dans certains secteurs, le progrès de l’évo­lution.

En fait, tout homme véridique fait avancer le progrès de l’humanité, tandis que le menteur l’enraye. D’où, la loi occulte : le mensonge considéré spirituel­lement est un meurtre. Il ne détruit pas seulement une image astrale, il est aussi un suicide. Celui qui ment hérisse d’obstacles son propre chemin. Partout dans le monde spirituel nous pouvons observer les effets né­fastes du mensonge.

Ainsi, le clairvoyant est à même d’observer, sur le plan astral, les effets de toutes les pensées, des senti­ments et des sensations. Les penchants, le tempérament, le caractère, bref tout ce qui, dans la nature humaine, est durable, rayonne continuellement jusque dans le monde astral, mais aussi jusqu’au plan dévachanique.

Un homme doué d’un tempérament serein est comme une source de sérénité dans les mondes supérieurs, il est un centre qui déclenche, dans le Devachan, cer­taines répercussions bienfaisantes. Au contraire, un mélancolique, qui se laisse aller à ses dépressions, am­plifie les essences astrales en rapport avec la mélan­colie humaine.

Ainsi la science spirituelle nous montre que nous ne sommes pas des entités isolées, sans rela­tion avec les autres mondes, mais que nos pensées, à chaque instant, prennent forme dans le Devachan ; et que ces formes, à leur tour, donnent au monde de l’es­prit une nuance et une consistance particulières.

Les quatre régions du monde dévachanique, les régions continentale, océanique, aérienne et celle des inspira­tions originales sont continuellement influencées par les pensées, les sentiments et les impressions des hommes.

Quant aux régions encore plus hautes où se mani­feste déjà la chronique akashique, ce sont les actions des hommes qui les influencent. Tout ce qui touche à la vie active a des répercussions jusque dans les régions les plus hautes du Devachan, que nous avons appelées le monde de la raison.

Nous comprendrons ainsi com­ment l’homme, dans sa descente vers une nouvelle incarnation, assemble, à nouveau, les éléments de son corps astral et comment il s’en revêt. Tout ce qu’il a pensé, senti et éprouvé, était demeuré partie intégrante du monde astral ; les vestiges de sa vie précédente s’y étaient imprimés.

A-t-il pensé, a-t-il raisonné selon la vérité, ces vestiges astraux lui composent un corps as­tral de bonne conformation. Mais son tempérament et son caractère avaient laissé des traces dans le Deva­chan inférieur ; ce sont là les éléments qui constituent son nouveau corps éthérique.

Quant à ses actions anté­rieures, ce sont les parties les plus hautes du Devachan, où se déroule la chronique akashique, qu’elles ont influencées ; aussi est-ce le Devachan supérieur qui confère au corps physique sa localisation, sa place dans notre monde. C’est de là qu’agissent les forces qui, au moment de l’incarnation, dirigent l’homme vers un lieu déterminé.

A-t-on fait du mal à quelqu’un, c’est un fait dont l’effet se répercute jusque dans le Devachan ; l’homme, dans sa descente vers la terre en éprouve les conséquences, car cet acte s’est mué en force qui dirige l’âme, sous la direction d’entités supé­rieures, vers la race, la famille, l’entourage et le lieu où elle apprendra à connaître, dans une nouvelle vie, l’effet de son acte antérieur.

Les expériences qui, ici-bas, ne nous affectent pas profondément agissent, dans l’incarnation suivante, sur notre corps astral et lui confèrent des sentiments, des sensations et des facultés mentales correspondantes.

Si l’on a bien employé sa vie, si l’on a contemplé avec sympathie le spectacle du monde, si l’on a acquis de bonnes notions sur ce qui nous entoure, on renaît avec, dans son corps astral, certaines dispositions et certains talents qui sont le fruit de nos efforts passés.

C’est donc dans le corps astral que nous relevons l’empreinte de nos expériences et acquisitions faites dans une vie antérieure.

En revanche, tout ce qui touche l’âme pro­fondément, ce qui la bouleverse ou ce qui l’exalte, tout cela se répercute dans l’incarnation suivante jusqu’au corps éthérique et provoque en lui certaines disposi­tions durables. Celui qui a vécu dans le bonheur jouira d’un corps éthérique doué d’un tempérament enclin à la joie.

Celui qui s’est efforcé d’accomplir beaucoup de bonnes actions aura développé en soi des sentiments et des dispositions sociales qui le doteront, la vie suivante, d’un véritable talent pour soulager son prochain. Il aura la conscience scrupuleuse et une moralité à toute épreuve.

Le corps éthérique est le siège de nos dispositions permanentes, par exemple de notre caractère.

Tout cela passe dans une vie suivante dans le corps physique, de telle sorte qu’un homme qui a développé, dans une vie, de mauvais penchants et de mauvaises passions renaît avec un corps physique débile et porté à la maladie.

En revanche, un homme endurant et jouissant d’une bonne santé a développé, dans la vie précédente, de bonnes qualités et des vertus morales.

Une personne maladive a vicié, elle-même, son corps éthérique par les mauvais penchants auxquels elle l’a habitué. Il dépend donc de nous que nous soyons, dans l’avenir, un corps malade ou robuste, pour autant que santé et maladie dérivent des prédispositions du corps physique. Si nous combattons et extirpons nos mauvais pen­chants, nous nous préparons pour la vie prochaine un corps vigoureux et résistant.

On peut observer dans tous les détails comment les dispositions personnelles se retrouvent, la vie suivante, dans la conformation du corps physique.

Une âme rayonnante d’amour aura, dans la prochaine incarna­tion, un corps physique qui, jusqu’à un âge avancé, gardera un aspect jeune et vigoureux. Le fait de sym­pathiser avec tous les êtres, de les aimer, nous vaudra un corps physique qui conservera longtemps sa jeu­nesse.

Une vie remplie de haine, d’antipathie, de cri­tique à l’égard du prochain nous dotera d’un corps qui vieillira de bonne heure. Ainsi les penchants et les pas­sions d’une vie se retrouvent dans la conformation physique de la vie suivante.

Par exemple, un sens du gain poussé à l’extrême, une passion d’amasser égoïstement des richesses, occa­sionneront, dans la vie suivante, une prédisposition du corps physique à contracter des maladies infectieuses.

On peut facilement constater des cas où la passion du gain, inoculée au corps éthérique, entraîne une moindre résistance aux infections de toute nature.

En revanche une inclination du corps éthérique à aider son pro­chain de façon désintéressée nous promet pour la vie suivante un corps physique endurant qui luttera contre la contagion.

On peut ainsi, si l’on connaît les rapports qui unissent le monde physique au monde astral, com­prendre le devenir du monde dans ses particularités les plus intimes ; mais ces rapports sont souvent bien dif­férents de ce que les hommes se figurent.

Par exemple, beaucoup d’hommes se plaignent d’avoir à endurer des souffrances et des peines ; mais, d’un point de vue plus élevé, ces plaintes ne sont guère justifiées, car ces dou­leurs, une fois surmontées, deviennent, au seuil d’une nouvelle incarnation, une source de sagesse et de pru­dence et ouvrent à l’esprit humain des perspectives toutes nouvelles.

Ainsi dans un ouvrage récent, inspiré pourtant par le matérialisme de la pensée moderne, l’auteur affirme que dans la physionomie de chaque penseur nous trouvons une expression qui est comme de la douleur cristallisée. Cette vérité est connue de l’occultiste depuis longtemps.

C’est en supportant avec sérénité douleur et souffrances qu’on acquiert la plus, profonde sagesse. Celle-ci est le fruit, dans une incar­nation suivante, d’une vie douloureuse vaillamment supportée, et nul ne peut y parvenir s’il fuit la souf­france. Et même de nos maladies nous ne devrions pas nous plaindre, car, vues d’un point de vue plus élevé, elles sont tout autre chose que ce qu’elles paraissent.

En effet, les maladies qu’on subit avec courage con­fèrent au corps, dans l’incarnation suivante, une grâce, une beauté particulières, de sorte que la grâce dans l’apparence humaine est souvent le résultat de la mala­die dans une vie précédente. Il y a donc une relation entre les lésions du corps, causées par un accident ou par une maladie, et la beauté humaine dans la vie sui­vante.

À cette curieuse relation on peut appliquer la parole de l’écrivain français Fabre d’Olivet qui a prétendu que certains aspects de la vie humaine rappellent la formation de la perle dans l’huître perlière ; c’est une maladie de l’huître qui produit la perle. Il en est ainsi de la vie humaine : la beauté a un rapport karmique avec la maladie et elle en est la conséquence.

Mais quand je vous dis que l’homme enclin aux mauvais penchants acquiert des dispositions aux maladies, il nous faut encore souligner qu’il ne s’agit que de pré­dispositions internes ; si, par exemple, l’on tombe ma­lade parce qu’on a travaillé dans un air vicié, le cas est tout différent.

Certes, on peut aussi tomber malade à la suite de circonstances extérieures, mais alors la maladie ne dépend pas des prédispositions du corps physique.

Quant à nos activités qui ont laissé quelque trace sur le plan matériel - de chacun de nos pas ou d’un mouvement de la main jusqu’aux processus les plus complexes, comme la construction d’une maison, elles nous reviennent, dans une incarnation ultérieure, comme du dehors et réapparaissent dans les circons­tances extérieures qui influent sur notre vie.

Comme vous le voyez, nous vivons du dedans vers l’extérieur ; ce qui anime le corps astral - joie et peine, bonheur ou malheur réapparaît dans le corps éthérique ; les pen­chants durables, bons ou mauvais, qui ont leur racine dans le corps éthérique réapparaissent sous la forme de prédispositions du corps physique ; mais ce que l’on fait ici-bas au moyen de son corps physique devient, dans l’incarnation suivante, la destinée proprement dite, c’est-à-dire l’ensemble des circonstances exté­rieures qui déterminent notre vie.

Ainsi, les agissements du corps astral deviennent le destin du corps éthérique ; le corps éthérique devient le destin du corps physique, et les activités du corps physique nous reviennent, dans une incarnation ultérieure, comme du dehors, sous la forme de réalités matérielles.

Vous avez là le point précis où le destin extérieur intervient dans l’existence humaine. Les effets du des­tin peuvent tarder ; mais tôt ou tard ils se manifes­teront. Si l’on considère l’existence d’un homme à tra­vers ses incarnations successives, on ne manquera pas d’observer que les entités, chargées de veiller à l’in­corporation de l’âme, agissent de manière qu’à un moment donné l’homme en question soit conduit vers un lieu déterminé où son destin s’accomplira.

En voici un exemple pris dans la vie : lors de la ré­union d’une Cour de Justice de la Sainte Vehme, au moyen âge, un homme fut jugé et exécuté par ses juges.

En remontant jusqu’aux vies antérieures des juges et du condamné, il apparut qu’ils avaient vécu à la même époque ; le condamné avait été le chef d’une tribu et avait fait supplicier ceux qui maintenant étaient ses propres juges. Cette action de la vie précédente avait créé un rapport entre ces personnes ; elle avait éveillé des forces qui se sont répercutées jusqu’aux régions où s’élabore la chronique akashique.

Lorsqu’une âme s’in­carne à nouveau, ces forces karmiques la font naître à la même époque et dans le même lieu que les âmes auxquelles elle est ainsi liée ; ainsi son destin se déter­mine.

La chronique akashique est, en effet, un champ de forces où sont inscrites toutes les dettes karmiques qu’un homme a contractées à l’égard de son prochain. Beaucoup d’hommes ressentent les effets de cette tech­nique du Karma, mais bien peu s’en rendent compte.

Prenons un autre exemple : un homme a une profes­sion qui, en apparence, lui procure toute satisfaction. Pour une raison quelconque il se voit obligé de quitter son emploi et n’en trouve pas d’autre dans son lieu d’origine. Il doit s’expatrier et changer de métier.

À ce moment il rencontre un inconnu avec qui il entre en rapport. Que s’est-il passé ? Jadis il a vécu en compa­gnie de cet homme qu’il vient de retrouver et il a con­tracté, à son égard, une dette karmique.

Celle-ci est inscrite dans la chronique de l’Akasha, et ces forces l’ont conduit dans ce lieu précis, pour que la rencontre pût avoir lieu et qu’il pût s’acquitter de sa dette.

Entre la naissance et la mort, l’être humain est en­touré continuellement d’un champ de forces karmiques qui, invisiblement, influent sur sa vie et la dirigent.

Vous voyez ainsi que vous subissez continuellement les répercussions de vos vies antérieures et que vous en ressentez les effets.

Ainsi vous devez vous rendre compte que vous êtes dirigés dans votre vie par des puissances que vous-mêmes ne connaissez pas.

Ce qui agit sur votre corps éthérique, ce sont les images et les formes que jadis vous avez projetées sur le plan astral ; et ce qui tisse la trame de votre destin ce sont les entités et les forces, dans le Devachan supérieur, que vous-mêmes avez ins­crites dans la chronique akashique.

Ces forces ou enti­tés ne sont pas inconnues des occultistes ; elles trouvent leur place, ou leur rang, dans la hiérarchie d’entités similaires. Vous devez vous rendre compte que dans le corps astral, aussi bien que dans les corps éthérique et physique, vous éprouvez les effets d’entités étrangères à votre Moi ; tout ce que vous faites involontairement, sous l’empire de quelque contrainte, tout cela est le fait de ces entités ; rien ne se passe en vous qui n’ait une cause, et cette cause est, le plus souvent, un être.

Les différents corps de la nature humaine sont continuel­lement imprégnés d’entités diverses, et une bonne par­tie des exercices que le maître initié fait faire à son élève n’ont d’autre but que de chasser ces entités hors de l’être humain, afin de le rendre de plus en plus libre.

On appelle « démons » les entités qui continuellement imprègnent et asservissent le corps astral. En fait, les entités que vous engendrez vous-mêmes, à chaque ins­tant, par vos pensées vraies ou fausses, s’accroissent peu à peu et deviennent des démons. Il y a de bons démons qui proviennent de bonnes pensées.

Mais de mauvaises pensées, avant tout des pensées fausses, mensongères, engendrent d’effroyables formes démo­niaques de la pire espèce, qui, si l’on peut dire, lardent de part en part le corps astral.

Le corps éthérique, lui aussi, héberge des entités dont l’homme doit se libérer, ce sont les « spectres » ou « revenants », et, enfin, il y en a qui s’attaquent au corps physique, ce sont les « fan­tômes ». En dehors de ces trois catégories existent des êtres dont la victime est le Moi humain qu’ils tâchent d’ébranler en le poussant de-ci de-là : ce sont les « esprits ».

On les nomme ainsi, parce que le Moi est esprit lui-même. En fait, lorsque l’homme redescend sur cette terre, ces entités, qu’il a engendrées lui-même, déterminent son sort, qu’il s’agisse de son existence matérielle ou de sa vie intérieure.

Ces êtres sont à ce point mêlés au cours de sa vie qu’il ne peut manquer d’en ressentir la présence dans son corps astral, dans son corps éthérique, dans son corps physique ; car, lors d’une nouvelle naissance, tous les êtres qui présentent quelque conformité avec sa nature aspirent à s’incar­ner en lui.

Vous constatez, du même coup, la vérité des témoi­gnages religieux que les Écritures nous ont conservés. Quand, dans la Bible, il est question de l’expulsion des démons, ce n’est pas quelque notion abstraite, théorique, c’est un fait concret que nous devons pren­dre à la lettre. Qu’a fait le Christ-Jésus ?

Il a guéri le possédé en chassant les démons de son corps astral. Ce sont là des faits absolument réels. Socrate aussi, en philosophe éclairé, parle du démon qui animait son corps astral ; c’était là un démon bienfaisant ; car, parmi les démons, il y en a qui sont bons et secourables et d’autres qui sont hostiles à l’homme.

Il y en a même qui sont funestes à un degré inima­ginable. Ainsi, les démons du mensonge retardent gra­vement l’évolution humaine en rejetant l’homme en arrière, moralement parlant.

Toutes les fois qu’au cours de l’histoire d’éminentes personnalités se sont adonnées au mensonge, de pareils démons ont été en­gendrés qui ont pu s’accroître dans des proportions à peine croyables et former d’impressionnantes entités ; celles-ci sont, à proprement parler, les « esprits » qui entravent le progrès et sont des pierres d’achoppement sur la voie des hommes. C’est dans ce sens que Faust dit à Méphistophélès « Tu es le père de toutes les entraves ! ».

Chaque homme en particulier, du fait même que par son destin il est lié à ses semblables, exerce sur le reste de l’humanité une certaine influence ; cette influence peut être bonne ou mauvaise, selon qu’il dit la vérité ou qu’il ment, car pour l’économie morale du monde il n’est pas du tout indifférent qu’il engendre des dé­mons de vérité ou des démons de mensonge. Imaginez une nation qui ne se compose que de menteurs ; ceux-ci peupleraient le plan astral d’innombrables démons qui, à leur tour, pourraient produire, sur le plan physique, de véritables épidémies.

En fait, il existe certains bacilles porteurs de germes de maladies infectieuses, qui proviennent directement des mensonges proférés par les hommes ; ces bacilles ne sont donc que des incar­nations physiques de démons du mensonge. Vous voyez par là que les mensonges d’antan, par l’action du Karma mondial, reparaissent sous forme d’une armée de germes nocifs. Dans un passage du Faust nous pou­vons toucher du doigt combien les légendes et les mythes anciens contiennent de vérité.

Nous y voyons des bataillons de vermine aux ordres de Méphistophé­lès qui est le père du mensonge, sans parler du rôle que Goethe attribue aux souris et aux rats dans la même occasion. Les légendes contiennent souvent de merveil­leux rapprochements entre le monde spirituel et le monde physique.

Mais nous devrions toucher à bien d’autres ques­tions, si nous voulions comprendre la loi du Karma. C’est, en somme, d’une certaine connaissance des lois karmiques que dérive le mouvement de la science spi­rituelle. Vous venez de voir que les forces ou les êtres qui animent le corps éthérique agissent, dans la vie sui­vante, sur le corps physique ; celui-ci est influencé, dans une vie subséquente, par notre mentalité actuelle, par notre façon de penser et de raisonner.

Il n’est donc pas indifférent, pour notre vie à venir, que nous soyons matérialistes ou spiritualistes. Un homme qui a quelques connaissances des mondes supérieurs - il suf­fit même qu’il y croie - aura, dans sa vie suivante, un corps physique bien constitué et un système nerveux dont il pourra contrôler les réactions.

En revanche, un homme, qui ne tient compte que du monde sensible, communiquera cette attitude mentale à son corps phy­sique et aura, dans son incarnation suivante, un corps débile, prédisposé aux maladies nerveuses. Il lui man­quera une volonté centrale capable de tenir en bride les mouvements du corps.

Le matérialiste s’éparpille en d’infimes détails ; l’esprit, embrassant les détails, les maintient dans son orbite, car il est l’unité.

La disposition aux déficiences nerveuses apparaît, par un effet du Karma, dans l’incarnation suivante, mais elle se transmet, par hérédité, aux générations futures, de sorte que les fils et les petits-fils expieront le matérialisme de leurs ascendants.

La nervosité de notre époque est la conséquence de l’état d’esprit maté­rialiste du siècle passé ; c’est pourquoi les grands maî­tres qui guident l’humanité ont reconnu la nécessité d’apporter au monde, comme antidote, la science de l’esprit.

En fait, le matérialisme a contaminé la religion elle-même. Peut-on nier que ceux qui professent de « croire » aux mondes de l’esprit, sans chercher à les compren­dre, ne soient des matérialistes ?

Et c’est là encore un aspect du matérialisme, lorsqu’on aimerait voir le mys­tère des 6 jours - cette grandiose évolution cosmique comme l’a décrit la Genèse - se dérouler devant nos yeux comme une expérience de laboratoire, ou lors­qu’on parle du Christ-Jésus comme d’une « personnalité historique » tout en ignorant de plein gré le sens du mystère de Golgotha.

On peut même dire que le maté­rialisme dans les sciences naturelles n’est qu’une con­séquence du matérialisme dans le domaine religieux et qu’il n’existerait pas, si la vie religieuse elle-même n’en était tout entachée.

Ce sont ceux qui, à notre époque, par paresse ou par indolence, négligent d’approfondir les questions religieuses qui ont introduit le matéria­lisme dans les sciences.

Les troubles nerveux, engendrés par le matérialisme, peuvent contaminer la vie de l’in­dividu, comme ils peuvent s’attaquer à des nations entières.

Si le courant spirituel n’acquiert pas assez de forces pour tirer de leur apathie les indolents et les paresseux, la nervosité, cette conséquence karmique, gagnera toujours plus d’influence sur l’humanité, et, de même qu’au Moyen Âge le monde a connu des épi­démies de lèpre, il y aura dans l’avenir, engendrées par la mentalité matérialiste, de graves affections ner­veuses, de véritables épidémies de maladies mentales qui seront le fléau de nations entières.

Si l’on apprécie bien la portée de cette loi karmique, on comprendra, du même coup, que la science spiri­tuelle ne devrait pas être une pure théorie, mais deve­nir un remède, une voie de salut pour l’humanité.

Plus les hommes se pénétreront de la réalité de l’esprit, et plus on éliminera tout ce qui a rapport aux maladies nerveuses et aux maladies de l’âme.


Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste

5, impasse du mai
67000 Strasbourg

Mobile : 06 29 54 50 29

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