Suicide - Pascal Patry astrologue et thérapeute à Strasbourg 67000

Bonjour
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Suite à ma réponse précédente, voici un extrait de la 5e conférence du deuxième volume sur le karma de Rudolf Steiner à propos d'un suicide

Note : texte produit par reconnaissance de caractère et non relu.

Repassez seulement dans vos âmes ce que l’his­toire nous rapporte au sujet de l’empereur Néron. Aux yeux d’une personnalité comme celle de Né­ron, la vie apparaît comme quelque chose que l’on pourrait impunément tourner en dérision - comme s’il était sans conséquence que, détenant l’autorité, on se comporte avec une frivolité sans mesure.

N’est-ce pas, il faudrait avoir l’esprit complète­ment éteint si, voyant ce que fait Néron, on n’en venait pas à se demander : qu’est-il advenu d’une âme comme celle de Néron, qui tourne le monde entier en dérision, qui considère la vie des autres, l’existence de toute une ville ou presque comme un objet avec lequel on peut jouer ?

« Quel artiste le monde perd en moi ! » - Tel est, on le sait, le mot qu’on lui prête, et qui du moins correspond bien à sa mentalité. On le voit : l’aveu spontané d’une frivolité sans limite, une volonté, un instinct de destruction poussé à l’extrême, mais de telle sorte que l’âme s’y complaît.

Chez le témoin, toute autre impression est écar­tée. La personnalité de Néron n’est plus que le foyer d’un rayonnement destructeur. Et nous nous demandons : que devient une âme comme celle-là ?

Il faut être au clair là-dessus : tout ce dont on se décharge sur le monde revient sur vous comme un rayonnement dans la vie entre la mort et une nou­velle naissance.

Il faut que cela se décharge à nou­veau sur l’âme en quelque sorte ; car tout ce qui a été détruit par une âme comme celle-là, c’est pré­sent pendant la vie entre la mort et une nouvelle naissance. Quelques siècles plus tard ou relative­ment peu de temps après, Néron revint en ce monde pour y mener une existence banale ; fut alors compensé ce qui était chez lui rage de des­truction, rage manifestée spontanément, parce qu’il était le maître et le voulait ainsi ; c’est la rage qui était ici à l’œuvre, l’enthousiasme, dirait-on, pour la rage de détruire.

Dans une existence sui­vante se produisit déjà une certaine compensation, la même individualité se trouvant maintenant dans une position où il fallait qu’elle détruise, mais dans une position subalterne, où elle était soumise à des ordres. Et cette âme se trouva alors dans la nécessité de ressentir ce qu’il en est lorsqu’on n’agit pas de son propre chef, en pleine souveraineté.

Ce genre de choses demande à être regardé en toute objectivité, en imposant silence à toute affec­tivité. Vue sous un certain angle, une pareille des­tinée - une cruauté comme celle de Néron, une pareille rage de destruction, c’est aussi une desti­née - est au fond pitoyable. Il n’y a pas lieu de lui en garder rancune, de le critiquer sévèrement ;

sinon on se mettrait hors d’état de comprendre le cours ultérieur des choses, car on ne peut en l’oc­currence voir clair que si l’on regarde objective­ment, que si au lieu d’accuser on comprend ce que sont les destinées humaines. Et les faits parlent clairement pour peu qu’on ait le sens de ces choses. Si le destin de Néron s’est présenté devant mon âme, ce fut vraiment l’effet du hasard - du moins en apparence.

Il se produisit un événement - je vais en parler tout à l’heure - qui souleva une intense émotion dans la région où il eut lieu. J’allais justement ce jour-là rendre visite à une personnalité dont j’ai souvent parlé dans mon autobiographie, Karl Julius Schröer. Lorsque j’arrivai chez lui, je le trou­vai, comme beaucoup de gens, profondément bou­leversé par l’événement.

Et il prononça, sans rai­son apparente, comme montant d’obscures pro­fondeurs spirituelles, le mot « Néron ». On aurait pu croire qu’il n’y avait à cela aucun motif. Mais la suite montra clairement qu’il n’y avait là rien moins qu’un mot venu de la Chronique de l’Akasha et prononcé par une bouche humaine. Voici ce dont il s’agissait.

Le prince Rodolphe, héritier de la couronne d’Autriche, était célébré comme une brillante personnalité, et l’on mettait en lui de grandes espé­rances pour le jour où il monterait sur le trône. Bien que l’on connût sur le compte de ce prince toutes sortes de choses, c’étaient là - pensait-on - des choses qui allaient presque de soi pour un grand seigneur.

En tout cas, personne n’imaginait que cela put conduire à des conflits graves, voire tragiques. Aussi la stupéfaction fut-elle considéra­ble lorsqu’on apprit à Vienne que le prince héritier Rodolphe avait passé de vie à trépas d’une maniè­re tout à fait mystérieuse, au voisinage du couvent de Heiligenkreuz, non loin de Baden près de Vienne. Des détails de plus en plus nombreux vinrent un jour ; on parla d’abord d’un accident ; ce fut même la version officielle. Puis, la version de l’accident étant déjà publiée officiellement, on apprit que le prince était parti pour sa propriété de chasse en compagnie de la baronne Vetsera et qu’ils avaient trouvé la mort ensemble.

Les détails sont bien connus, je n’ai pas besoin de les raconter ici. Ce qui se passa ensuite fait qu’aucune personne au courant des circonstances ne put mettre en doute qu’il s’agissait d’un suicide. Car premièrement, les circonstances étaient telles qu’effectivement, après la parution du bulletin officiel parlant d’un accident, le président du Con­seil hongrois Koloman Tisza prit position contre cette version et obtint de l’empereur lui-même l’assurance qu’on n’en resterait pas à une déclara­tion inexacte.

Car ce Koloman Tisza se refusait à soutenir cette thèse devant la nation hongroise et le fit savoir avec énergie. Puis il se trouva dans le collège des médecins un homme qui à l’époque faisait partie des médecins les plus courageux de Vienne et qui devait participer à l’autopsie ; il déclara qu’il ne signerait rien qui ne fût attesté par les faits objectifs.

Les faits obligeaient à conclure au suicide. On rétablit donc la vérité et le suicide fut officielle­ment admis ; et le fait que dans une famille aussi catholique que la famille impériale d’Autriche on ait admis le suicide, suffit à lui seul à interdire qu’on mît la chose en doute.

Mais ici une question s’impose : comment fut-il possible que quelqu’un devant qui s’ouvraient de si brillantes perspectives ait recours au suicide face à une situation que, compte tenu de la position sociale de l’intéressé, il eût été sans aucun doute facile de dissimuler ?

Ce n’est pas douteux : on n’est évidemment pas en présence d’une raison objec­tive - je veux dire objective et nécessaire par rapport aux circonstances extérieures - suscepti­ble de conduire l’héritier de la couronne à se sui­cider pour une affaire de cœur.

Il n’y avait non plus aucune raison objective, mais bien le fait qu’une personnalité qui allait très prochainement monter sur le trône trouva que la vie n’avait aucune valeur - ce qui bien entendu s’était préparé par les voies de la psychopatholo­gie. Mais dans le cas présent, la psychopathologie demande d’abord une explication, car en fin de compte elle tient elle aussi au destin.

Et le fait essentiel qui agit sur l’âme du prince, c’est néan­moins celui-ci : un être auquel souriait l’avenir le plus brillant trouva que la vie avait perdu toute valeur.

Ce fait, mes chers amis, est de ceux dont il faut bien dire que la vie ne permet pas de les expliquer. En dépit de tout ce qu’on a pu écrire et dire à ce propos, seul est capable de juger ici sainement celui qui se dit : ce suicide et l’élément psychopa­thologique qui en fut la cause immédiate ne sont pas explicables à partir de cette vie humaine prise isolément, à partir de cette vie du prince héritier Rodolphe. Si l’on veut comprendre, il faut qu’il y ait autre chose là-dessous.

Et maintenant, représentez-vous l’âme de Né­ron - après son passage par l’autre vie dont j’ai parlé - s’incarnant dans ce prince héritier, tirant ainsi la conséquence de son passé : alors la situa­tion se retourne, tout simplement. Vous avez dans cette âme une tendance qui provient de vies anté­rieures ; entre la mort et une nouvelle naissance, elle voit d’une façon immédiate que d’elle ne sont sorties que des forces destructrices et qu’il faut qu’elle fasse, avec éclat, dirais-je, l’expérience in­verse.

Ce retournement, comment est-il vécu ? De telle façon qu’une existence riche extérieurement de tout ce qui a du prix se reflète intérieurement comme dénuée de toute valeur chez celui qui la vit, si bien qu’il met lui-même fin à ses jours. De plus, l’âme est atteinte de maladie mentale, d’une demi-démence. Elle cherche extérieurement à s’impli­quer dans une affaire de cœur, etc. Mais tout cela n’est que la conséquence du fait que l’âme s’éver­tue pour ainsi dire à tourner contre elle toutes les flèches qu’elle a autrefois tournées vers le monde. Nous voyons alors, si notre regard plonge jusqu’au cœur de cette situation, se développer une affreuse tragédie, mais une tragédie qui est justice, d’une extraordinaire justice. Et les deux images s’accor­dent à nos yeux.

Je l’ai souvent dit : ce sont des détails qui cons­tituent le fondement des choses et qui en vérité permettent de mener dans ce domaine des inves­tigations parfaitement sérieuses. Il faut qu’ici col­laborent bien des petites choses de la vie.

Au moment où venait de se produire cet événe­ment qui suscita tant d’émotion à l’époque, je me rendais donc chez Schröer. Je n’y allais pas à cause de l’événement, mais j’étais sur le chemin. Schröer fut la première personne avec laquelle je parlai de la chose. C’est lui qui prononça sans aucune raison le nom de Néron - de sorte que je ne pus m’em­pêcher de me demander : pourquoi pense-t-il pré­cisément à Néron ? - Il engagea immédiatement la conversation avec ce nom. Ce mot me frappa profondément à l’époque, et cela d’autant plus qu’il était prononcé par Schröer sous le coup d’une impression particulière : deux jours auparavant en effet - la chose est d’ailleurs devenue notoire -, une soirée avait lieu chez l’ambassadeur d’Allema­gne à Vienne, le prince Reuss.

Le prince héritier d’Autriche s’y trouvait, ainsi que Schröer, et ce dernier avait observé le comportement du prince deux jours avant la catastrophe. Et cet étrange comportement dont Schröer me fit une descrip­tion très dramatique, puis le suicide qui suivit deux jours plus tard, tout cela en liaison avec ce mot « Néron » prononcé par Schröer, tout cela fai­sait qu’on pouvait se dire : maintenant, il y a motif d’examiner la question. - Mais pourquoi me suis-je livré à tant de recherches à la suite de paroles prononcées par Schröer ? Non que j’aie pris quoi que ce soit venant de Schröer - qui naturellement ignorait tout de ces choses - pour un présage. Mais bien des choses, et précisément celles qui venaient de lui apparemment sans motif, étaient importantes pour moi à cause d’un fait curieux qui se produisit un jour.




Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste

5, impasse du mai
67000 Strasbourg

Mobile : 06 29 54 50 29

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