Le développement de la personnalité 1 - Pascal Patry – Astropsychologie & Cours d'Astrologie

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Howard Sasportas — Le Développement de la personnalité, Séminaires d’astrologie psychologique, volume 1, pages 23 à 55 (extrait).

VOS IMAGES INNÉES

Nous allons aujourd'hui explorer dans ce séminaire ce que nous révèle le thème sur nos expériences, nos traumatismes et nos difficultés durant l'enfance, et sur la manière dont tout cela se relie à nos vies présentes. Nous allons nous pencher sur notre enfance et notre passé pour clarifier le présent. Il ne s'agit pas de se complaire à évoquer ce que, selon vous, votre mère ou votre père vous ont fait. Mais un retour en arrière vers vos premières expériences peut vous aider à mieux comprendre le présent et à progresser dans votre vie actuelle. Le passé nous intéresse dans la mesure où il encombre la route de l'avenir.

Avant toute chose, je veux établir une distinction fondamentale entre la manière dont beaucoup d'écoles de psychologie traditionnelle envisagent les expériences de l'enfance, et celle dont 'astrologie psychologique considère les événements du début de la vie. Certains courants de psychologie traditionnelle affirment que l’enfant est à la naissance une page blanche sur laquelle vont s'inscrire ensuite ses dii érentes expériences. C'est ce que l'on appelle la théorie de la tabula rasa, selon laquelle la manière dont on vous traite dans l'enfance est à l'origine de certains pattems ou « scénarios » qui déterminent ensuite votre image de vous-même et vos présomptions sur ce qui va vous advenir plus tard dans la vie.

Développons cette idée. Tant sur nous-mêmes que sur la vie en général, les diverses expériences de l'enfance nous amènent à tirer certaines conclusions ou à adopter certaines attitudes, qui constituent ce que l'on pourrait appeler des «opinions existentielles ». Si, par exemple, votre mère ne s'est pas montrée très experte pour s'occuper de vous, il se forme alors un paitern, une présomption, ou une opinion sur la vie comme « le monde n'est pas un lieu très sûr pour vivre » ou « ceux dont j'ai besoin me laisseront tomber ». Ou si, à trois ans, vous voyez votre père claquer la porte et disparaître en abandonnant sa famille, vous allez penser « qu'on ne peut pas compter sur les hommes », ou même « je suis si mauvais que je fais fuir les gens ». Les premières expériences vous marquent très profondément, et ie crois avoir déjà évoqué cette analogie avec la petite coupure dans l'écorce d'un arbrisseau qui va se transformer en une large entaille lorsqu'il aura atteint sa taille adulte.

Ce qui se produit au début de notre vie s'imprime au plus profond de nous-mêmes. Ces impressions se fixent la plupart du temps dans notre inconscient et ne laissent aucune trace dans notre souvenir. Mais elles donnent naissance à des attentes et des convictions selon lesquelles nous continuons à percevoir et organiser notre expérience. En d'autres termes, la manière dont nous voyons et apprécions le présent est conditionnée par ce qui s’est produit dans le passé. C'est ce que l’on appelle quelquefois le « déterminisme psychique ». Tout événement ou phénomène mental particulier est associé à des circonstances chronologiquement antérieures. Même un fantasme sur un événement passé peut déterminer la manière dont nous interprétons le présent ; il n’est pas nécessaire qu'il se soit réellement produit. Donc si vous croyez que vous avez fait fuir votre père, alors qu'en réalité il est parti pour de toutes autres raisons, ce fantasme initial continuera à influencer vos attentes ultérieures. Plus tard dans la vie, vous sélectionnerez vos perceptions, ne remarquant en toutes circonstances que ce qui vient corroborer vos suppositions et convictions. Il vous sera alors impossible de voir ce qui ne correspond pas à vos attentes. Quelqu'un a dit un jour : « La vie nous donne ce que nous en attendons. » Bref , nos attentes conditionnent notre expérience de la réalité, qui en retour renforce nos convictions initiales.

L'astrologie psychologique envisage tout cela d’une manière légèrement différente. Au lieu de vous considérer à la naissance comme une simple page blanche et de croire que ce que l’on vous a fait dans votre enfance est à l'origine de vos opinions sur la vie et sur vous-même, l’astrologie psychologique estime que vous possédez déjà à la naissance une prédisposition innée qui s’attend à voir se produire certaines choses. Plus que le conditionnement de l’enfance, c'est votre propre nature intérieure, telle qu'elle apparaît dans les configurations de votre thème de naissance, qui vous prédispose à percevoir l’expérience d'une certaine manière. Au cours de votre enfance, certaines attentes archétypiques innées vont structurer ce que vous filtrez de votre expérience.

On peut définir un archétype comme la représentation mentale d’un instinct. Les êtres humains existent depuis très longtemps, depuis des éternités, et les processus d’évolution ont bâti et structuré dans nos psychés certaines attentes se transmettant de génération en génération et constituant une sorte de « sagesse de la cellule ». Nous nous attendons, à la naissance, à ce qu'il y ait une mère ou, à un niveau encore plus élémentaire, un sein. Même dans le ventre de notre mère, nous sommes dans l'attente d'un sein, car tout cela est inscrit dans la mémoire de nos cellules, comme l'attente d'un père, et celle de la croissance et de la mort. Toutes ces images sont présentes en nous, avant même que nous en fassions véritablement l'expérience.

Nous avons tous à la naissance une image de chaque archétype : une image de la mère, une image du père, une image de la naissance, une image de la croissance, une image de la mort, etc. Mais les images de ces phénomènes euxhétypiques sont légèrement différentes pour chacun et montrent une grande diversité. La Lune, par exemple, concerne la mère, et comme vous avez tous a Lune dans votre thème natal, vous avez donc à la naissance une image de la mère, avant même de la rencontrer effectivement. La nature de cette image, le type de mère très précis à laquelle vous vous attendez, est montré par la position en signe de la Lune et les aspects qu'elle reçoit. De la même manière, vous avez dès le départ le sentiment qu'il va y avoir un père. Comme tout le monde, vous avez dans votre thème le Soleil, que l'on peut considérer comme le symbole du père. La position en signe et les aspects du Soleil vont décrire avec beaucoup de précision votre image innée du père. N’oubliez pas que la perception est fonction de l'attente et que le contenu est fonction du contexte. Ce que vous vous attendez à voir va influencer votre manière de percevoir ce qui est effectivement là.

Les images et les archétypes innés organisent et structurent notre expérience. Ainsi, avec un trigone Lune-Jupiter, vous associez à votre mère une attente innée d’abondance et d'expansion. Comme c'est ce que vous vous attendez à voir, votre perception va être sélective, et vous aurez tendance à remarquer plus facilement les fois où elle se montre généreuse, expansive et jupitérienne, plutôt que celles où elle va être froide et répressive. Mais si vous êtes né avec une conjonction Lune-Satume, vous vous attendez à des difficultés ou de la froideur auprès de votre mère, et cette impression innée vous fera prêter davantage attention aux fois où elle se conforme à ce portrait, en négligeant celles où elle agit autrement*

Nous examinerons plus précisément les aspects tout à l'heure, mais je voudrais souligner maintenant la différence entre les écoles de psychologie traditionnelle et î'astrologie psychologique. La psychologie traditionnelle reproche souvent aux parents ce qu'ils nous ont fait, alors que selon l'astrologie psychologique, nous sommes en partie responsables de la manière dont nous expérimentons nos parents, du fait de notre tendance à interpréter leurs actes en fonction de nos présomptions et croyances innées. L'attitude effective des parents va soit renforcer ces impressions innées, soit assouplir ou tempérer certaines de nos attentes fondamentales en ce qui les concerne. Si nous nous attendons à une mère exécrable, et qu'elle se révèle particulièrement aimante et sécurisante, certaines de nos attentes négatives vont s’atténuer. Si vous avez à la naissance l’image intérieure de la Mère Terrible, c'est elle que vous vous attendrez à rencontrer. Et s'il s’avère que votre vraie mère, quelle qu'en soit la raison, ne peut s'occuper de vous, cette attente archétypique sera confortée et renforcée, car vous l'aurez vraiment expérimentée dans votre chair.

Prenons l’exemple d'un garçon ayant dans son thème natal un carré Lune-Pluton. L'image innée de la mère correspondant à cet aspect a quelque chose de dangereux ou de menaçant (l'archétype de la Lune, la mère, est en relation avec celui de Pluton, une orce destructrice). Même si sa mère n'est pas vraiment de type plutonien, l’enfant sera particulièrement sensible aux moments où elle montre ce genre d'humeur ou de visage, et il les remarquera davantage. 0 se peut qu’un jour, elle le nourrisse particulièrement bien puis le recouche, sûre qu'il est heureux et satisfait. Mais si précisément ce jour-ià le carré Lune-î'Iuton de l'enfant est activé (peut-être par un transit rapide de la Lune ou de Vénus), il aura beau avoir été bien nourri et gentiment remis au lit, l'image négative de la mère va être activée dans sa psyché, et sans aucune raison apparente, il va se mettre à hurler et pleurer. Pourtant sa mère vient juste de bien s’en occuper, qu'est-ce qui lui prend de pleurer comme ça ? Si la réaction de la mère est de se sentir frustrée, de se mettre en colère et de le secouer, il pensera : « Je savais bien que c'était une sorcière. » L'image négative innée de la mère sera ainsi encore renforcée. Si en revanche la mère réagit différemment à sa frustration, si elle le prend dans ses bras et le console sans aucune réaction négative, l'image innée de la mauvaise mère est adoucie ou tempérée. « Peut-être n'est elle pas si mauvaise après tout. » Sans doute serait-il bon que les mères étudient les thèmes de leurs enfants pour comprendre ce qu'ils vont projeter sur elles, et apprendre comment se comporter avec ces projections en s'efforçant de modérer les plus négatives.

En résumé : ce que nous venons d'aborder est connu en psychologie comme l'opposition inné/ acquis. Ceux qui sont en faveur de Vacquis sont convaincus que la manière dont on nous traite dans l’enfance détermine ce que nous sommes. Ceux qui privilégient Y inné pensent que nous avons à la naissance un tempérament particulier conditionnant la manière dont nous expérimentons la vie. La psychologie astrologique penche évidemment pour l'idée que nous naissons avec un certain tempérament inné, et que notre conditionnement archéty- pique précède celui de notre enfance. C'est sans aucun doute un mélange des deux, mais l'astrologie psychologique place le tempérament en premier, et le conditionnement effectif de l'enfance en second, à cause de cette tendance à percevoir les événements et les gens qui nous entourent dans l'enfance avec les lunettes de notre propre tempérament. Si nos lunettes sont bleues, la vie nous semble bleue. Avec des lunettes rouges, elle nous semble rouge. Le thème natal qui décrit notre conditionnement et nos attentes archétvpiques prend alors toute son importance.

PATTERNS ARCHÉTYPIQUES INDIQUÉS PAR LE THÈME

Nous allons un peu travailler sur le thème. Certains aspects et positions clefs du thème peuvent vous permettre de comprendre les attentes et patte ms fondamentaux présents à votre naissance. Je voudrais que vous y réfléchissiez au cours de cette journée : dans votre thème, chaque aspect ou position planétaire décrit une sorte de pattem en vous. Ces patterns donnent naissance à des opinions, des croyances, des suppositions sur vous- même ou sur la vie. Par exemple quel genre de suppositions ou d'attentes pourrait nourrir selon vous celui qui a un carré Lune-Satume dans son thème de naissance ? Quelle pourrait être son

opinion sur l'archétype de la mère, avant même qu'il n'expérimente effectivement sa mère réelle ?

Participant : Un sentiment de rejet ou de froideur.

Howard : Formulez-le dans un énoncé.

Participant : Ma mère est froide.

Howard : D’accord, « Ma mère est froide » est un énoncé possible. Quels autres énoncés pourraient correspondre à cet aspect ?

Participant : Ma mère est rigide, peu affectueuse ou incapable.

Howard : Oui, mais quelle opinion pourrait avoir la personne sur ses propres émotions ?

Participant : Ce pourrait être un énoncé comme : « Mes émotions me créent des problèmes. »

Howard : Bien. Quelles sont îes autres significations de la Lune ? La Lune correspond également au fait de voir ses besoins satisfaits, alors quel peut être l'énoncé correspondant à la satisfaction des besoins fondamentaux ?

Participant : Mes besoins fondamentaux ne sont pas comblés.

Howard: Oui, c'est souvent l'expérience de ceux qui ont le carré Lune-Saturne, une difficulté à satisfaire leurs besoins émotionnels et même physiques.

Bon, !aissons la Lune de côté. Que se passe-t-il si vous avez un carré Vénus-Satume ? Vénus est l'archétype de l'union, l'image du (ou de la) bien- aimé(e). Quel genre d'énoncé pourrait correspondre à cet aspect ?

participant : Je vais être rejeté dans la relation.

Howard : C'est à peu près ça, ou même quelque chose d'encore plus élémentaire comme : « Dans la relation (Vénus) je vais rencontrer des difficultés (Saturne). » Mais n'oubliez pas que Saturne suggère également le travail et l'effort. Et donc sur un autre plan, il peut y avoir un présupposé ou une attente comme « Établir une relation va me demander beaucoup de travail. »

Et le trigone Vénus-Jupiter ? Quelle va être l'opinion de celui qui a cet aspect sur sa vie relationnelle ?

Participant : Celui que j'aime va être démonstratif et va m'aider à m'épanouir.

Howard : Oui, et même quelque chose comme : « J’ai beaucoup à donner dans la relation. » L'archétype de l'union (Vénus) est en contact avec l’archétype de l'expansion (Jupiter). Voilà quelles sont les attentes innées de ceux qui ont cet aspect à la naissance. Elles existent avant même qu'ils n'aient de relation, avant même qu'ils ne sortent avec quelqu'un. C'est l'image qu'ils se font de ce qu'ils vont expérimenter à travers Vénus. Et c’est ce qu'ils s'attendent à rencontrer qu'ils remarqueront, rechercheront ou contribueront à provoquer, consciemment ou inconsciemment.

Naturellement, tout est en réalité beaucoup plus compliqué. On peut avoir à la fois un carré Vénus- Satume et un trigone Vénus-Jupiter, ainsi qu’une conjonction Lune-Uranus, Je voudrais aujourd'hui que vous étudiiez votre thème en réfléchissant à vos idées sur la vie qui concordent avec les aspects et positions planétaires de votre thème. Nous allons examiner les expériences de l’enfance, car on y discerne en général très clairement ces patterns à l'œuvre. Nous naissons avec une combinaison d'attentes qui constitue l'ossature de notre future expérience, et ce que nous allons effectivement expérimenter dans l'enfance s’ajoutera à ces attentes, leur donnant corps et substance.

Différents archétypes émergent selon les étapes de l’enfance. À la naissance, par exemple, i 'Ascendant est au premier plan. L'expérience de la naissance va donc voir surgir les problèmes liés à votre Ascendant, Les deux premières années de la vie voient la prédominance de l’instinct de survie et de la satisfaction des besoins, et la Lune est alors le principe le plus important du thème. Il s'ensuit que le pattern inné associé à la Lune va prendre corps entre la naissance et l'âge de deux ans. Les archétypes s'expriment dans les pulsions, qui elles-mêmes concernent les problèmes vitaux. Entre deux et quatre ans, l'instinct est de s'affirmer et d'acquérir davantage d'autonomie : on marche de mieux en mieux, on apprend à parler, on veut faire preuve d'individualité et exercer ses muscles. Le problème fondamental est de développer son autonomie, et les archétypes correspondants sont ceux :, pouvoir, de l'affirmation et du contrôle de soi, de la maîtrise de l'environnement, et de la force. Les deux planètes principales activées correspondant à ces principes sont le Soleil et Mars. C'est donc entre deux et quatre ans que les problèmes en rapport avec le Soleil et Mars seront au premier plan dans votre vie. Après quatre ans, lorsque nous prenons davantage conscience de l’unité formée par notre père et notre mère, les questions concernant !a relation émergent, et l'archétype de Vénus entre en scène. Vos patierns associés à Vénus se dévoilent au cours de cette phase œdipienne.

TRAVAILLER AVEC LES PATTERNS

Au-delà de l’intérêt que présente la découverte de nos paîterns, l’un de nos objectiis aujourd'hui est également de commencer à travailler avec eux. Ils peuvent en effet nous empêcher d’être heureux, et même s’il est impossible de les changer ou les transformer radicalement, nous pouvons toujours modifier notre attitude envers eux. Je veux parler des patterns en général. Cela me rappelle un poème d’une poétesse américaine, Amy Lowell, appelé Patterns dont le dernier vers est resté gravé dans ma mémoire depuis que je l'ai lu au lycée. Juste à la fin, elle dit : « Mais, mon Dieu, à quoi peuvent bien servir les patterns ? »

Je ne crois pas que le Soi profond vous envoie des patterns difficiles ou des multitudes de carrés ou d'oppositions juste pour vous torturer, je ne le crois pas méchant à ce point. Pourtant nous avons tous à la naissance certaines croyances et attentes archétypiques avec lesquelles il va nous falloir travailler. Sur le plan de i'hérédité et de la génétique, il se peut que nous héritions de nos ancêtres de problèmes ou de conflits non résolus : ce qu’ils ont traversé ou affronté nous est transmis par une sorte de « psychogène », tout comme nous sont transmises les caractéristiques physiques. Les gènes se transmettent de génération en génération, et nous n’héritons pas seulement de traits physiques, mais aussi de problèmes psychologiques ou de questions affectives non réglées. Peut-être un ancêtre, ou une série d'ancêtres, a-t-il eu des ennuis avec le bon usage de l’autorité et du pouvoir, et vous allez naître avec une conjonction Mars-Satume en carré à Pluton. Vous héritez des problèmes d'affirmation de soi qu'ils n'ont pas su régler, et c'est en quelque sorte à vous dorénavant d’en venir à bout. Il se peut aussi que vous héritiez d’un dilemme entre une série de traits venant de certains ancêtres, et une autre venant d'autres ancêtres. Imaginons que vous comptiez parmi eux des pirates audacieux, mais aussi des notables locaux saturniens. Vous aurez alors à la naissance un carré Jupiter-Saturne. Une partie de vous-même voudra être libre et expansive (Jupiter), alors qu'une autre partie se sentira attirée pai- une vie plus conventionnelle et rangée (Saturne).

II se peut aussi que ces patîerns, attentes et croyances spécifiques présents à la naissance soient en rapport avec les vies antérieures, le karma, et la réincarnation. En schématisant au maximum, si vous avez vécu certaines expériences difficiles avec vos mères dans des vies précédentes, vous allez sans doute vous attendre à la naissance à rencontrer des difficultés avec votre mère dans cette vie, ce qui correspondra à des aspects conflictuels à la Lune, ou une position problématique en maison X (si vous associez la maison X à la mère). Ou peut-être étiez-vous une mère incompétente dans une vie précédente, et l’image associée à la Lune à votre naissance le reflétera.

Une fois que vous aurez pris conscience de ces croyances ou suppositions innées et de votre penchant à voir les choses d'une certaine manière, vous pourrez commencer à travailler à l'intérieur de cette structure pour progressivement élargir les frontières d'une croyance ou d'un pattern en envisageant d’autres alternatives.

Prenons l’exemple d'un carré Lune-Satume, qui, comme nous venons de le dire, semble compliquer l'expérience de la mère ou la satisfaction des besoins. Tout en restant à l'intérieur des paramètres des deux principes archétypiques représentés par la Lune et Saturne, nous pouvons également associer cet aspect à l'étude (Saturne) des émotions (la Lune). En d'autres termes, un carré Lune-Satume Peut aussi nous demander d'étudier et de travailler sur nos problèmes émotionnels, ainsi que sur notre relation à la mère. D'un côté Saturne symbolise ta difficulté et la restriction, mais de l'autre, il indique une maîtrise obtenue par beaucoup de travail et d'efforts. Goethe, qui avait Saturne à l'Ascendant en Scorpion, a dit un jour : « C’est dans ses limites qu’à l'origine le maître se reconnaît. » Saturne désigne ce qui en nous est faible, stupide, médiocre, mais il montre également le point où, grâce à l'effort et au travail, on peut devenir foit. Même si l’on nous a infligé cette combinaison de l'archétype de la Lune avec celui de Saturne, nous pouvons essayer d’inventer de nouvelles solutions pour concilier ces deux principes au ! teu de rester coincés à un niveau où nous nous contentons de souffrir. Une ‘ois mis à jour les pattems et principes archét\ piques impliqués, leurs significations et leurs différents niveaux de manifestation possibles, nous pouvons chercher d'autres manières de les concilier. La souffrance et la difficulté peuvent rester nécessaires, mais de nouvelles possibilités se font jour.

Participant : C’est intéressant. J’ai une conjonction Lune-Satume, et je donne des cours de préparation à l’accouchement. J’ai toujours pensé qu’en travaillant avec les futures mères, je travaillais aussi sur moi-même.

Howard : Il se peut qu'en exploitant à fond un certain niveau ou une certaine dimension de cet aspect, vous risquiez moins de devoir l'expérimenter sur d’autres plans. Mais vous devrez, bien sûr, toujours affronter l'aspect Lune-Satume sur un plan personnel pour provoquer un certain type de croissance.

Néanmoins, et dans la mesure du possible, je conseillerais aux gens de créer consciemment des structures dans leur vie qui permettent à ces aspects de s’exprimer. Prenons l’exemple d’un carré So- leil-Neptune. Le Soleil représente le principe masculin, l’affirmation, l'expression et l'esprit. Le contact de Neptune y introduit des qualités de sensibilité et de créativité, mais il suggère également la faiblesse, la dissolution, la dispersion et l'évasion. Si nous considérons que le Soleil correspond à l’image du père, la manière dont l’individu va expérimenter le père (le Soleil) va être colorée par Neptune. Le père va recevoir la projection neptunienne, et l’enfant ayant cet aspect sera particulièrement sensible au côté neptunien de son père. Certains pères le mettent parfois assez bien en scène : ils boivent trop, se droguent, sont malades ou en mauvaise santé, absents psychologiquement, ou bien simplement ils disparaissent en mer. (Même si le thème du père n'est pas particulièrement neptunien, l’enfant ayant l’aspect Soleil-Neptune enregistrera les situations où il se comporte de cette manière.) D’une manière ou d'une autre, le père n’inspire pas confiance, ou n'est pas physiquement présent. Il peut aussi être créatif, artiste et très sensible. J’ai vu un jour le thème de la fille d'un acteur célèbre aux Etats-Unis. Elle avait un carré Soleil-Neptune. Neptune n’apparaissait pas seulement dans le talent d'acteur de son père, mais aussi dans sa célébrité, car il était très pris et donc souvent absent de chez lui. Elle devait donc sacrifier (Neptune) le père, en l’abandonnant au monde. C'était pour elle un sujet très douloureux, et elle continuait à essayer d'attirer son attention de diverses manières pour s'en faire aimer. Cela peut aussi arriver aux enfants de pasteurs, dont le père appartient autant aux fidèles qu’à la famille. Les enfants ayant cet aspect vont donc être blessés dans le sentiment de leur valeur, de leur importance et de leur identité, du fait de ce flottement dans la relation avec leur père. Ils formeront des opinions sur la vie du style « je ne sais pas qui je suis » ou « je dois renoncer à ce que je veux ».

Et lorsque vous avez un carré Soleil-Neptune, vous ne pouvez passer au travers ni échapper au fait que Neptune affecte votre Soleil. Vous ne pouvez même pas en rejeter la responsabilité sur autrui, car il s’agit de votre propre conditionnement archéty- pique. Mais il vous est possibïe de chercher une nouvelle manière plus constructive ou positive d'associer le Soleil et Neptune, au lieu de continuer à traîner un sentiment de faiblesse ou de confusion sur les questions d'identité et de pouvoir. Avez-vous une idée sur la manière dont on pourrait relier son identité à Neptune constructivement, sans se sentir nébuleux ou confus ?

Participant : Peut-être en faisant quelque chose d’artistique ou de créatif ?

Howard : Oui, on peut travailler à s'ouvrir comme un canal à travers lequel l'expression artistique s'écoulerait. On peut choisir la danse ou la poésie comme moyens de s'exprimer, et s'adonner aux Muses. On peut également pratiquer la méditation, et s'asseoir deux fois par jour pour se dissoudre et sortir des frontières de l'ego, en se mêlant avec quelque chose de plus grand que le moi. Ce faisant, on utilise une des possibilités par lesquelles cet aspect peut se manifester. ( >n fait la démarche de concilier les archétypes du Soleil et de Neptune d’une manière plus positive, au lieu de rester dans le vague et la confusion. On crée des alternatives pour l'emploi de ces énergies. Naturellement un excès de méditation qui vous fait trop planer ne peut que vous ramener à la case départ.

Un archétype peut s'exprimer sur de nombreux plans, et s'il ne fonctionne pas bien sur l'un d'entre eux, on peut l'expérimenter sur un autre. Cela s'applique également aux positions en maisons. I.a maison V concerne non seulement les enfants mais aussi la créativité personnelle, comme la peinture, le dessin, l'écriture et la musique. Si vos enfants sont une source de soucis (par exemple avec une conjonction Saturne-Uranus en V en carré à Mars en maison VIII), il peut être utile de s'impliquer à d'autres niveaux de la maison V, et de vivre autre chose que d'avoir ou d'élever des enfants. En suivant des cours artistiques, en vous joignant à une compagnie théâtrale ou à un groupe de danse amateur, vous dépenserez une partie de ce qui se trouve en ;naison V. Élargir votre maison V à d’autres domaines que vos enfants soulagera votre relation avec eux d'un certain poids. J'ai moi-même une conjonction Mars-Satume-Pluton en maison V'I, la maison de ] association. Lorsque Zip Dobyns a regardé mon thème voici de nombreuses années, elle m'a conseillé de prendre un associé sur le plan professionnel. Il lui semblait qu'une association d'affaires dépenserait un peu de l'énergie de Mars-Satume- Pluton qui ne serait plus ainsi obligée de s’exprimer intégralement dans des relations plus intimes ou personnelles. C'est ce que j'ai essayé, et cela a marché. J'ai ouvert un Centre de méditation avec un de mes amis Capricorne, et simultanément, mes relations intimes sont devenues moins tendues et complexes. L’association professionnelle absorbait une partie de ce qu'indiquait ma conjonction en maison VII.

Je vois que, comme d'habitude, je m’écarte du sujet. Je voulais vous parler de la possibilité de travailler sur certains de nos patterns, opinions sur la vie, scénarios, et configurations du thème, pour mieux les ressentir, mieux les comprendre et pouvoir ensuite si possible les transformer et les transmuter. Comme je vous l’ai déjà dit, nos patterns ou nos idées existentielles sur la vie sont les principes selon lesquels nous vivons. Ils donnent naissance au genre de rêves que nous faisons, au genre de traumatismes que nous subissons, et au genre de maladies dont nous souffrons. Nos patterns et croyances établissent les paramètres de ce que nous allons expérimenter dans la vie. Le mot grec correspondant à pat ter n est paradigme. Un paradigme est un cadre conceptuel à travers lequel nous voyons l'expérience. Avant le XVIe siècle par exemple, le paradigme largement accepté était que le Soleil tournait autour de la Terre, ce qui constituait une croyance sur laquelle se fondait la perception de la réalité.

Un autre mot pour paradigme ou pattern est ce que l’on appelle une « prédisposition mentale ». Quelqu’un de très déprimé peut par exemple avoir une prédisposition l’incitant à penser que le monde entier est contre lui, et toute son expérience du monde va s’organiser selon ce présupposé : il considérera ou interprétera toutes ses expériences comme menaçantes, sans même remarquer celles qui sont en faveur de la vie, car il ne peut voir le monde que dans ce cadre particulier. Dans le même ordre d’idées, nous avons également image de soi, ou du modèle de soi, que certains appellent un méta-paradigme ou une méta-prédisposition parce que, psychologiquement parlant, notre image de nous-mêmes détermine la majeure partie de ce qui nous arrive et de notre manière de percevoir le monde. Un homme corpulent par exemple peut avoir comme image de soi celle d'un homme corpulent. Même s'il suit un régime et réussit à maigrir, il peut néanmoins garder la même image de soi et, se voyant comme quelqu'un de gros, il grossira probablement de nouveau.

EXPÉRIMENTER ET COMPRENDRE LES PA TTERNS

Pour travailler avec nos patîems et croyances, il faut en premier lieu les expérimenter pleinement. Ils correspondent aux différents aspects du thème et peuvent être à l'origine d’idées comme « Je dois me battre pour survivre » ou bien « Les hommes sont tous des salauds » ou encore « Ceux que j'aime me quittent. » Faire l'expérience d'un pattern veut dire entrer pleinement en contact avec lui, et il existe un exercice destiné à vous y aider. Nous n'allons pas le faire aujourd'hui, mais vous pourrez l'essayer un de ces jours. Choisissez un aspect dans votre thème, disons un carré Vénus-Satume, et demandez-vous quelle est votre opinion sur la vie qui est en rapport avec cette position. Cela peut ressembler à : « Je ne suis pas assez bien pour qu'on m’aime. » Expliquez-le ensuite en long et en large à quelqu'un d’autre, en l'exagérant et le dramatisant au maximum. « Je suis tellement horrible, laid et répugnant, comment pourrait-on m'aimer ? » « Je suis un misérable insecte insignifiant, de la pure vermine, etc. » Sentez l'impact de cette déclaration et de cet aspect sur votre corps et sur vos sentiments. Ou si, par exemple, vous avez un carré Soleil-Pluton et pensez que « les hommes sont menteurs et ne peuvent que me détruire », parlez ouvertement de cette croyance à quelqu'un en la montant en épingle. D'autres parties de vous-même pensent peut-être différemment, mais contentez-vous pendant cet exercice de concentrer votre attention sur ce pattern ou cette croyance. Pour pouvoir se désidentifier de quelque chose ou le transmuter, i! faut d'abord l’expérimenter pleinement. Vous ne pourrez jamais transformer quelque chose que vous n'avez pas « avoué » ou reconnu en vous-même.

Une thérapie peut nous aider à mettre en évidence ces paîîerns ; une interprétation de thème également. Et une fois que nous l'avons expérimenté, il nous faut ensuite comprendre un pattern. Regardez-le de plus près, examinez-le, et ré fléchissez-y. Étudiez les principes archétypiques en jeu, et voyez comment ils se relient aux expériences de votre enfance. ] / astrologie nous donne un langage et un cadre conceptuel permettant ce genre d'examen et d'exploration. L’étude de votre thème ne vous met pas seulement en contact avec la constitution de vos patterns archétypiques fondamentaux, mais elle vous permet en outre de vous reporter en arrière et d'y réfléchir.

MODES DE TRANSFORMATION POSSIBLE DES PATTERNS

Après avoir bien expérimenté et mieux compris un pattern, l'étape suivante est sa transmutation : trouver un moyen de changer cette opinion sur la vie, de changer cette conviction, cette supposition ou cette attente. La tâche est de réorienter les archétypes impliqués vers une nouvelle opinion sur la vie, en trouvant une nouvelle manière d'utiliser les énergies concernées. Je ne crois pas qu'il soit facile de nous libérer drun vieux pattern, car il a une sorte de mainmise sur nous. Ht en essayant de combattre une idée que vous vous faites sur la vie, vous vous adressez en réalité un message qui con forte cette croyance et peut la renforcer. Au lieu de la combattre, il me semble plus judicieux d'en créer une nouvelle et de lui accorder davantage d'attention qu’à l'ancienne. De cette façon, vous n'essayez pas de détruire le vieux pattern, mais vous détournez votre attention en créant une nouvelle alternative. Grâce à votre attitude créative, ce n’est plus la conviction initiale qui finit par prévaloir mais la nouvelle.

Je vais vous donner un exemple tiré du thème d’une de mes clientes, une femme de vingt ans venue me voir en consultation. Elle avait une conjonction Pluton-Uranus en Vierge en maison X, opposée à une conjonction Soleil-Mars en Poissons en maison IV. Une de ses idées fondamentales sur la vie était un sentiment de faiblesse et d'inefficacité par rapport aux autres. Le monde lui faisait très oeur. Comme le suggère l'opposition entre la X et la V, sa vie familiale avait été très perturbée dans son enfance. Son père avait quitté la maison lorsqu'elle était encore très jeune, et son sentiment de faiblesse provenait en partie du fait qu'elle n'avait pu, lorsqu’elle était enfant, empêcher la séparation de ses parents. La rupture du mariage parental équivaut, pour un enfant, à voir le monde se déchirer en deux et s'ef fondrer complètement, et il se sent terriblement impuissant. Sa volonté (Soleil et Mars en Poissons) avait en quelque sorte été annulée par une force impersonnelle de destruction et de changement (Uranus et Pluton en opposition au Soleil et à Mars). De plus, sa mère lui semblait très forte, très énergique et légèrement menaçante, ce qui s'ajoutait à son propre sentiment d'infériorité. C'est un cas où la conjonction Uranus-Pluton en Vierge en maison X concordait bien avec la mère. La fille projetait son image d'une mère dominante et puissante sur le monde, qui pour elle était dangereux et rempli d'individus plus grands et plus forts qu'elle.

Il lui était très difficile de se défaire complètement de la conviction que le monde extérieur était un endroit menaçant hors de son contrôle, car cette croyance lui venait de son environnement d’enfance. Mais nous avons parlé ensemble de la possibilité que le monde ait également de bons côtés et qu'elle-même soit efficace et se montre plus forte. Notre travail consistait à concevoir une nouvelle idée sur la vie qui incluait l'ancienne tout en lui ajoutant une nouvelle possibilité. « Oui, le monde peut de temps en temps avoir l'air écrasant, menaçant et dangereux, mais parfois les gens sont gentils, et il est aussi possible d'y trouver sa place. » Elle avait au demeurant un Soleil angulaire conjoint à Mars, et deux planètes puissantes dans la maison de la carrière. Nous avons élargi son opinion sur la vie en une structure « et... et » : le monde est quelquefois dangereux et il peut aussi être de votre côté. Puis nous avons discuté de ce qu'elle pourrait faire sur le plan concret, et j'ai mentionné la possibilité d'une formation d’artiste en maquillage. Je ne sais trop pourquoi, l'opposition Vierge-Poissons m'y avait fait penser. Il s'avéra qu’elle avait justement discuté avec quelqu'un de cette éventualité peu de temps auparavant. C'était un domaine où elle pourrait utiliser son imagination et sa sensibilité Poissons, tout comme son habileté technique potentielle Vierge. Je sentais que cela lui convenait, car on devinait en la regardant, à la. manière dont elle se présentait, qu'elle aurait le sens esthétique nécessaire. Bref, une bonne partie de notre séance s'est concentrée sur l’idée qu’elle pouvait être efficiente et avoir du talent, et que ce genre de choses n'était pas réservé aux autres comme le laissaient entendre ses déclarations initiales. Nous n'avons pas rejeté son opinion sur la vie, mais lui avons juste adjoint d'autres possibilités, et elle pouvait au moins les essayer pour voir ce qui allait se passer.

L'ALTERNATIVE DU CHOIX

Voici une question que vous pouvez maintenant vous poser : « Mes convictions actuelles - celles qui concernent ma personne, les hommes, les femmes, le monde en général - sont-elles cohérentes avec ce que je veux dans ma vie et pour mon avenir ? » Nous faisons alors intervenir le choix, la conscience, la possibilité d'être une force créative dans notre propre vie, au lieu de nous contenter de ce qui nous est donné en le vivant selon les vieux schémas.

Je trouve très utile de garder cela à 1 esprit lorsque je travaille sur mes patterns personnels. Je viens par exemple d'entreprendre la rédaction d'un nouveau livre et, déjà mort d'inquiétude, je pense : « Mon Dieu, je me suis engagé à faire ce livre pour l'année prochaine alors que je n'aurai pas le temps. Cela va sûrement être un échec, et j'en suis malade à mourir. » J'ai trois planètes en Lion, ce qui me donne le droit de dramatiser un peu. Comme je vous l'ai dit, Mars est dans mon thème conjoint à Saturne et Pluton, et Mars a beaucoup à voir avec notre manière de commencer les choses. Aussi mon pattern pour initier les choses (Mars) est teinté d’appréhension et de peur (Saturne), et lorsque Pluton s'en mêle, j y vois une question de vie ou de mort. Comme cette conjonction est en Lion, ces problèmes sont particulièrement pressants lorsque je m’exprime sur le plan créatif. Pour me remettre sur la voie, je dois me ressaisir en me disant : « Attends une minute, Howard, ces pensées et ces craintes sont-elles cohérentes avec ce que tu voudrais qui se passe dans ta vie ? » Je sais bien que je ne veux pas forcément mourir l'année prochaine, ni vivre un calvaire, ni manquer de temps pour écrire ce livre. Aussi ces pensées ne sont-elles pas en accord avec ce que je souhaite. J’ai pleinement expérimenté et vécu toutes ces craintes et ces doutes l’année dernière orsque je travaillais à mon premier livre, et je n'ai aucune envie de revivre ce cauchemar. Et maintenant, lorsque je commence à avoir ces pensées négatives, je reconnais qu'elles ne sont pas cohérentes avec mes aspirations. J’aimerais avoir le temps de travailler à mon livre, de prendre plaisir à être créatif et à écrire. Je ne nie pas l'existence de mes appréhensions, mais je déplace mon attention pour la reporter sur ce que je veux réellement voir se produire. Robert Fritz, le fondateur du DMA ( une méthode intéressante conçue pour vous aider à créer une vie plus conforme à vos désirs) insiste sur le fait que la clé de votre avenir se trouve dans le présent et non dans le passé. Je vois tant de gens se lamenter : « Voilà ce qui m’est arrivé quand j'étais petit, et maintenant je suis comme je suis, et je n'y peux rien. » Si vous croyez que le passé détermine votre avenir, votre énergie contribue à ce qu'il en soit ainsi. Mais si vous croyez que la clé de votre futur est le présent, les prémices sur lesquelles vous basez votre vie sont différentes. La façon dont vous allez travailler sur les choses maintenant devient plus importante que ce qui vous est arrivé dans le passé.

Robert Fritz fait remarquer qu'il vaut mieux penser à vos croyances et à vos idées sur la vie non comme à des faits réels, mais comme à des opinions. Ainsi, si vous croyez que personne ne vous aimera jamais (carré Vénus-Satume), essayez de le voir plutôt comme une opinion que comme une vérité absolue sur vous-même. Puis demandez- vous : « Cette opinion est-elle oui ou non en accord avec ce que je voudrais voir se produire ? » Voulez- vous réellement que cela se passe ainsi ? Voulez- vous réellement ne pas être « aimable » ? Voilà ce que vous pouvez commencer à faire dès aujourd’hui. Inventez d'autres croyances qu'il vous plairait de voir se produire, et accordez-leur toute votre attention. Lorsque la croyance initiale vous revient, ne la niez pas, mais inventez une alternative qui vous plaît davantage. Sur le plan astrologique, lorsque vous choisissez de nouvelles idées, veillez à rester à l'intérieur des archétypes des planètes impliquées dans l’aspect ou la configuration sur lesquels vous travaillez. Je suis convaincu que, dans un certain sens, nous ne pouvons échapper à cette prédestination.

Participant : Prenons l'exemple d'un carré Mars- Satume. Au lieu de se concentrer sur la manifestation négative de ces énergies, il faudrait imaginer d’autres manières plus positives de les concilier et les utiliser ?

Howard : Oui. Un carré Mars-Saturne peut conduire à l'idée que « ma volonté est inefficace ». Mais, en restant à ' intérieur de la signification de Mars et Saturne, on peut transformer cet énoncé en quelque chose comme : « Si je vais doucement et me montre prudent et persévérant, je peux atteindre mon but », ce qui demeure en accord avec la combinaison Mars-Saturne. Il est aussi possible d’essayer d'imaginer à quoi pourrait ressembler une personne ayant le trigone Mars-Saturne, car cela peut vous inspirer un nouvel énoncé sur les mêmes planètes en carré. Quelle soit une conjonction, un carré, un trigone ou un sextile, la nature de l’aspect lui-même me semble finalement moins importante qu'une recherche constructive pour mieux harmoniser les deux énergies concernées. Si vous avez un carré Vénus-Satume, pensez à ce que pourrait être l'interprétation d’un sextile ou d’un trigone des mêmes planètes, et vous obtiendrez ainsi la croyance alternative sur laquelle vous concentrer. Mais pour que cela marche, vous devez suivre la règle du jeu et rester à l’intérieur des deux archétypes impliqués. Mais si vous choisissez un énoncé jupitérien sur l'amour et l'union alors que votre Vénus est en aspect à Saturne, cela manquera de cohérence avec ce que le Soi profond a en tête pour vous, et cela ne marchera probablement pas. Alors quel pourrait être un énoncé alternatif pour un carré Vénus-Saturne, à part « Personne ne peut m'aimer » ou « Je n'obtiens pas ce que je veux dans la relation? » Pensez au trigone ou au sextile Vé- nus-Satume, cela va vous aider à reformuler votre énoncé. Restez dans les limites du contact des principes Vénus-Satume.

Participant : Quelque chose comme « Si je travaille sur une relation, je peux devenir plus fort, plus aimant et plus ioyal. >♦

Howard : Bien. Mais avant d'en arriver là, vous devrez d’abord pleinement expérimenter et comprendre votre énoncé initial, pour ensuite essayer de déplacer votre conscience vers un énoncé alternatif.

Je vais vous donner un autre exemple. Prenons le cas d'une femme venant me voir en consultation, fille a une conjonction Soleil-Satume en maison X. Au cours de la séance, il apparaît qu'elle a peur de son patron. Au vu de sa conjonction Soleil-Satume en maison X, je me demande s'il y a un problème plus profond derrière cette crainte de son patron, et je l'interroge donc : « De qui d'autre avez-vous déjà eu peur ? » Elle me répond : « Des figures d'autorité en général. » Nous commençons à élargir le problème. C'est le moment de lui poser cette question bien commode : « Ce sentiment de peur vous est-il familier ?» À quoi elle répond : « Oui, lorsque j'étais petite, j'avais peur de ma mère, » Puis je lui demande : « De quoi aviez-vous peur avec votre mère ? » Elle me dit : « J'avais peur que ma mère ne m'aime pas. » Je peux alors pousser plus avant mon exploration : « Que se serait-il passé si elle ne vous avait pas aimée ? » (Ce genre de questions est utile lorsque vous travaillez sur le plan psychologique à partir des positions du thème.) Et elle dit: «Je suppose que j'avais peur qu'elle ne s'occupe pas de moi et m'abandonne si elle ne m'aimait pas. » Nous sommes ainsi passés de la peur du patron à la peur de i'abandon par la mère. Si je poursuis encore plus loin en demandant « Que se serait-il passé si elle vous avait abandonnée ? », elle répondra sans doute : « Je serais morte. »

À un niveau très profond, la peur de son patron était sans doute liée à une histoire non réglée avec sa mère et une anxiété sur sa propre survie. Mais imaginez quelle vienne me voir en me disant qu'elle a peur de son patron et que je lui propose : « Bon, je vais faire une synastrie entre vos thèmes et nous allons tirer ça au clair. » Je vais faire alors cette comparaison et lui dire : « Ne soyez pas stupide, vous n'avez aucune raison d'avoir peur, vous avez plus de planètes en feu que lui. » Et elle repartira contente et prête à aborder son patron avec plus d'assurance. Mais plus tard, dans un nouveau travail, le même problème resurgira, ou d’autres individus lui feront peur. Autrement dit, si elle ne comprend pas le fond du problème et ne s'en occupe pas, elle trouvera toujours quelqu'un d’autre avec qui mettre ce scénario en scène. Tant quelle ne creusera pas plus loin pour modifier le paîtern initial, elle le verra toujours réapparaître sous de nouvelles formes.

Dans une simple consultation astrologique, vous ne pourrez sans doute qu’enclencher ce processus, mais si vous entreprenez un travail suivi avec la personne, vous aurez là un bon axe de départ. Et si vous adressez la personne à un thérapeute, vous l’aurez aidée à découvrir quelque chose de très important : le lien entre sa peur de ne pas plaire à son patron et celle que sa mère ne l'aime pas. Tout ]e monde garde en soi un enfant, et chez cette personne, cet enfant a peur de mourir s'il déplaît aux figures d'autorité.

Participant : Il semble un peu difficile de faire la corrélation entre le personnage masculin du patron et sa mère.

Howard: Il n’y a aucune différence. Tous les problèmes relatifs à la mère peuvent être projetés sur n'importe qui, un mari, un patron ou le Premier ministre. À chaque fois, elle a peur d'être elle- même, car elle a peur de mourir si on ne l'aime pas. Mais, attention ! Elle est maintenant adulte et elle peut se prendre en charge sans avoir besoin d'abdiquer devant les autres pour survivre. Pourtant la petite fille en elle ressent toujours les choses de la même manière. L'important dans son cas est de choisir entre se conformer aux désirs d'autrui, pour que l’enfant en elle se sente plus en sécurité, ou agir d’une manière qui lui corresponde vraiment, en respectant ce qu'elle pense ou ressent. Sa conjonction Soleil-Saturne en maison X lui fait dire : « J'ai peur d'être ce que je suis. » Mais cela peut aisément se transformer en : « Je dois travailler dur pour développer mon identité. » Voilà la véritable signification d'une conjonction Soleil-Saturne : la construction (Saturne) d'une identité, la construction d'un sentiment d'influence, de pouvoir et d'indépendance.

Voici un autre exemple. Une femme ayant Pluton en maison IX est récemment venue me voir et m'a parlé de son appréhension des voyages en avion, de sa peur de voler - soit dit en passant, ce n'était pas Érica Jong ’. Avec Pluton en IX, quels peuvent être les problèmes plus profonds sous-jacents à la peur de l'accident d'avion ?

Participant : La peur d'être détruit si l'on s’aventure trop loin.

Howard : Pouvez-vous creuser davantage ?

Participant : La peur d'être détruit si vous lâchez prise, si vous prenez des risques ou avancez en terrain inconnu.

Howard: Oui, et je pense qu’à un niveau encore plus profond il s'agit de la peur de Dieu ; une méfiance envers Dieu, une conviction que Dieu cherche à vous détruire. Pluton peut être une énergie destructrice, et la maison IX concerne la religion aussi bien que les voyages. Or cette femme peut très bien aller consulter un thérapeute behavioriste qui traitera parfaitement sa peur de l'avion. Il la fera monter un peu chaque jour dans un avion, d'abord au sol, et elle finira ainsi par se sentir beaucoup mieux. Pourtant le pattern profond subsistera, et il est en fin de compte plus efficace de remonter à la source du problème, sa méfiance envers Dieu et tout ce qui s'y rapporte.

Je voudrais aborder un autre aspect du travail sur les patterns, inspiré du livre de Jean Houston The

Possible Human. Elle raconte brièvement le cas d’une femme nommée Meredith avec qui elle a travaillé. L’enfance de Meredith a été très traumatisante. Sa mère l’a abandonnée à la naissance pour la faire adopter. Mais chaque fois qu'elle avait un nouvel ami et commençait à installer un semblant de foyer, elle reprenait Meredith avec elle. À neuf ans, Meredith avait subi la brutalité des innombrables amants de sa mère. Elle devint en grandissant une jeune femme attirante qui avait terriblement peur du monde. Complètement traumatisée, elle tremblait à l'idée de sortir pour faire quoi que ce soit. Meredith avait vingt-six ans lorsque Jean Houston travailla avec elle de la manière suivante. Elle demanda à Meredith de se représenter en train de naître, d'assister à sa propre naissance. Meredith devait imaginer sa venue au monde et ensuite se visualiser elle-même en train de se prendre dans les bras à sa naissance. Meredith, à vingt-six ans, devait donc s'imaginer en train de s'occuper de Meredith nouveau-née et de la prendre dans ses bras. Jean Houston lui demanda alors : « Sentez-vous que l’on vous aime ?» Et Meredith lui répondit « Oui, je me sens aimée. » Puis elles travaillèrent sur un autre âge. Meredith devait penser à une autre période de son enfance où elle avait besoin d’être tenue et aimée. Et Jean Houston lui disait : « Bien, que la Meredith de vingt-six ans donne à la Meredith plus jeune ce dont elle avait alors besoin. » Meredith le fit mentalement jusqu'à ce que pour chaque période, elle puisse dire : « Oui, je me sens aimée. »

Elles travaillèrent un grand nombre d'heures de cette manière jusqu'à ce que la Meredith de vingt- six ans étreigne la Meredith du même âge. De nombreuses années de traumatismes furent ainsi soulagées, et la suite montra que Meredith s'était libérée des sentiments négatifs de son passé.

Il est vrai que de cette manière vous n'effacez pas complètement les anciens traumatismes, mais vous contribuez à créer une piste alternative dans le système esprit/cerveau ; vous vous forgez une autre expérience que celle que vous avez vécue dans la réalité. Vous restez sensible à la souffrance du passé, mais en ayant créé sur le plan physiologique quelque chose de nouveau pouvant supporter de nouvelles expériences, et vous permettant de dépasser les limites qui vous étaient fixées auparavant. C'est ce que Jean Houston appelle un processus de commutation temporelle dans le système esprit/cerveau. Elle dit qu’en agissant ainsi, vous devenez pleinement présent et vous adhérez davantage au cours que suit votre vie.

Participant : Et vous devenez « l'homme en devenir . »

Howard : Disons que vous êtes en bonne voie. Mais pour Meredith, ce fut une expérience de guérison. Quelqu'un a dit un jour que « la thérapie consiste à faire sortir les choses, et la guérison à ies taire rentrer. »

Participant : La visualisation était-elle utilisée ?

Howard : Oui. Les techniques de visualisation permettent de quitter le présent et de retourner dans le passé pour ajouter de nouveaux éléments plus positifs à la réalité expérimentée à l’époque par la personne. Il n'est jamais trop tard pour avoir une enfance heureuse. L'enfant de trois ans vit toujours en nous, et rien ne nous empêche, tels que nous sommes maintenant, d'entrer en contact avec lui pour lui donner l'amour dont il a besoin.

Participant : Il est curieux que Meredith ait vécu tout cela à vingt-six ans, pendant son retour lunaire.

Howard : Oui, c'est vrai. Ce travail a été accompli lorsque la Lune progressée de Meredith revenait sur sa Lune natale, et c'est un bon moment pour récapituler et examiner les événements antérieurs, pour pouvoir ensuite partir dans une nouvelle direction.

Fin de l’extrait — avant « Les phases de l’enfance ».

Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste

5, impasse du mai
67000 Strasbourg

Mobile : 06 29 54 50 29

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