Le Christ et la rémission des péchés - Pascal Patry astrologue et thérapeute à Strasbourg 67000

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Le Christ et la rémission des péchés

Le Christ et la rémission des péchés.
Le péché et la dette, faits indivi­duels et faits universels objectifs.
La force supraterrestre du Christ.
Le rachat de la dette par le Mystère du Golgotha et son rôle dans l'évolu­tion de la terre.

Norrköping, 15 juillet 1914

Une des notions auxquelles on se heurte inévitablement lorsqu’il est question des rapports du Christ et de l’âme humaine est celle de dette (ou faute) et de péché. Nous savons bien l’im­portance capitale de ces notions par exemple dans le christia­nisme de Paul.

Certes, notre époque est peu encline à fouiller l’autre problème, qu’on trouve aussi chez Paul, des rapports entre les concepts de dette et de péché et ceux de mort et d’im­mortalité. La cause en est dans le matérialisme actuel. Il suffit ici de rappeler ce que j’ai dit dans notre première conférence : il ne peut y avoir d’immortalité véritable pour l’âme humaine sans survivance de la conscience dans ses états post mortem.

L’anéan­tissement de la conscience au moment de la mort ne pourrait si­gnifier qu’une seule chose : l’homme n’est tout simplement pas immortel. Car une survivance inconsciente de l’être humain après la mort signifierait que son caractère essentiel, celui qui fait de l’homme un homme, cesserait d’exister. Une âme hu­maine qui survivrait inconsciente à la mort ne représenterait guère plus que la somme des atomes dont les matérialistes eux-mêmes admettent qu’ils existent encore après la destruction du corps physique humain.

Chez Paul, il n’y avait pas encore l’ombre d’une hésitation : il ne pouvait être question d’immortalité en l’absence de la conscience individuelle. Et comme pour lui la conscience de l’individu était nécessairement tributaire du péché et de la dette, il allait de soi que si la conscience humaine se trouve embrumée après la mort par le péché et la dette, ou par leurs conséquen­ces, si donc elle est brouillée par le péché et la dette, cela veut dire que le péché et la dette tuent réellement l’être humain, le tuent en tant qu’âme et esprit.

Nous sommes évidemment très loin de la conscience matérialiste actuelle, y compris celle de nombreux philosophes contemporains, qui parlent allègrement de la survie de l’âme humaine après la mort, sans plus, sans s’in­quiéter du fait que l’immortalité humaine n’a aucun sens si elle ne signifie pas persistance consciente de l’âme humaine après la mort.

On risque maintenant de rencontrer certaines difficultés, sur­tout si l’on a une vision anthroposophique du monde : il suffit de faire remarquer la polarité « dette et péché » et « karma ». Cer­tains anthroposophes ont vite fait de régler le problème ; ils di­sent : Nous croyons au karma, donc, lorsqu’un être humain contracte une dette dans une incarnation quelconque, il l’em­porte avec lui, avec son karma, et s’en décharge par la suite ; une compensation se fait peu à peu, au fil des incarnations.

Et c’est là précisément que les choses se gâtent. Les anthropo­sophes ont tout de suite une question : comment cette notion est-elle conciliable avec la doctrine chrétienne de la rémission des péchés par le Christ ? Et pourtant, le concept de la rémission des péchés fait bel et bien partie du christianisme vrai. Il suffit de prendre un exemple : la scène du Christ en croix, entre les deux larrons. Celui de gauche raille le Christ : « N’es-tu pas Dieu ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi » (Luc 23, 39).

Celui de droite répond, et rabroue l’autre, lui rappelant que pour eux deux ce sort est juste, qu’ils reçoivent ce que leurs actes ont mé­rité, mais que lui n’a rien fait de mal, et qu’il doit néanmoins su­bir le même sort. Et le larron de droite dit encore : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. »

Et le Christ répond : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis » (Luc 23, 42-43). Nul ne peut prétendre que cette parole n’est pas dans l’Évangile, ou qu’elle veut dire autre chose que ce qu’elle dit - non, c’est une parole d’une très grande impor­tance, et l’anthroposophe est bien obligé de se débattre avec le problème suivant : si le larron de droite est obligé, par son karma personnel, d’expier la faute commise, que peut bien vou­loir dire cette parole qui apparemment lui pardonne, lui remet sa dette : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi au paradis » ?

L’anthroposophe peut dire que le larron de droite, tout comme celui de gauche, devra éponger sa dette par son karma.

Pourquoi le Christ fait-il une différence entre les deux lar­rons ? La conception anthroposophique se heurte ici à un pro­blème, indubitablement, et un problème qui ne se laisse pas ré­soudre en un tour de main ; et pourtant, ce sont précisément les méthodes d’investigation de la science de l’esprit qui, appli­quées au christianisme, sont en mesure de le résoudre. Je vais maintenant aborder la question par un autre aspect qui, en soi, ne vous est certes pas inconnu, mais qui pourra peut-être quand même nous ouvrir de singulières perspectives.

Vous vous rappellerez, mes chers amis, que nous parlons souvent de Lucifer et d’Ahriman. Souvenez-vous aussi de la manière dont Lucifer et Ahriman se présentent dans mes Drames-Mystères. D’un point de vue anthropomorphique où l’on ramène les choses à un niveau purement humain et où l’on se contente de voir en scène deux malfaiteurs, Lucifer agissant en quelque sorte à l’intérieur et Ahriman à l’extérieur, on aura du mal à se tirer d’affaire !

Car on aurait tort d’oublier que s’il a, certes, introduit le mal et ses suites dans le monde, le mal inté­rieur qu’engendrent les passions, Lucifer est aussi celui qui ap­porte la liberté ; et Lucifer, comme Ahriman, d’ailleurs, joue un rôle important dans le monde. N’est-ce pas, à partir du moment où il a été davantage question de Lucifer et d’Ahriman, nous avons pu voir des anthroposophes manifester un certain ma­laise. D’une part, il leur est resté de l’image traditionnelle de Lu­cifer le vague sentiment que c’est un épouvantable malfaiteur qui sévit dans le monde et dont il faut se garder à tout prix.

Or, il est bien évident que l’anthroposophe a forcément quelque ré­ticence à partager un tel sentiment, parce qu’il sait que Lucifer joue un rôle important dans l’univers. Et pourtant, il est aussi bien évident que Lucifer se dresse en adversaire des dieux du progrès, que c’est un esprit, donc, qui d'une certaine manière se met en travers du plan de la création, un ennemi des dieux qu'en fait nous devons vénérer.

Au fond, en parlant de Lucifer comme nous le faisons, nous attribuons à un adversaire des dieux un rôle essentiel dans l’univers. Et le cas d’Ahriman est tout à fait analogue.

On peut en un sens comprendre celui qui voudrait bien savoir ce qu’il doit faire de ce Lucifer et de cet Ahriman : ne peut-on pas lui dire s’il doit les haïr ou les aimer ? Par quel bout faut-il donc qu’il les prenne ? D’où vient qu’il en est ainsi ? Voyez-vous, c’est la manière dont on parle de Lucifer et d’Ahri­man qui devrait être la clef de la manière dont il faut les com­prendre !

On comprendra alors qu’il s’agit d’êtres qui, de par leur nature propre, n’appartiennent pas au plan physique, que ce n’est pas sur ce plan-là qu’ils ont une mission et une tâche à accomplir, mais dans les mondes de l'esprit.

Le cœur du pro­blème, je l’ai mis fortement en relief dans mes dernières confé­rences de Munich : c’est dans les mondes spirituels que Lucifer et Ahriman doivent accomplir la tâche que leur ont attribuée les dieux du progrès, et ce n’est que lorsqu’ils viennent jouer leur rôle sur le plan physique, qu’ils s’arrogent donc des droits illégi­times, qu’une discorde, une dissonance s’ensuivent.

Mais il est une chose, mes chers amis, à laquelle il faut nous résigner, quoi qu’il en coûte à notre âme, et c’est que notre jugement, notre ju­gement d’hommes, ne vaut que sur le plan physique, et perd sa validité lorsqu’on le transfère dans les mondes supérieurs.

C’est pourquoi nous devons peu à peu faire nôtre le chemin de l’anthroposophie : il nous permet d’élargir notre faculté de juge­ment, d’enrichir le monde de nos concepts et de nos idées. Pourquoi la pensée matérialiste actuelle reste-t-elle aussi fermée aux concepts anthroposophiques, qui sont pourtant tous intelli­gibles ?

C’est parce qu’on répugne à élargir son jugement, qu’on veut s’en tenir à ce qui vaut sur le plan physique.

Prenons l’exemple d’une puissance qui se déclare l’ennemie d’une autre ; sur le plan physique, il est parfaitement juste de dire que l’hostilité est une mauvaise chose, qu’elle ne devrait pas exister.

Mais cela n’est plus juste pour les mondes supé­rieurs. Là, il faut un jugement plus large. Sans hostilité spiri­tuelle, le monde dans sa totalité ne peut pas exister, pas plus que ne le pourrait l’électricité s’il n’y avait à la fois de l’électri­cité positive et de l’électricité négative. Il est nécessaire que les esprits s’affrontent. Ici se vérifie la parole d’Héraclite selon la­quelle la constitution du monde repose autant sur la discorde que sur l’amour.

Mais lorsque Lucifer agit sur l’âme humaine et que, par ce biais, la discorde s’introduit dans le monde phy­sique, cette discorde-là n’est plus juste. Par contre, ce qui est ap­plicable ici-bas ne l’est plus dans les mondes supérieurs, où l’an­tagonisme des esprits fait partie de toute la structure du monde, de toute son évolution. Qu’est-ce à dire ? Que dès que nous at­teignons les mondes supérieurs, il nous faut adopter d’autres mesures, nuancer notre jugement selon d’autres critères.

D’où ce fréquent paradoxe, qui peut scandaliser : Lucifer et Ahriman, ces adversaires des dieux, n’en sont pas moins indispensables à l’or­donnance et au devenir de l’univers.

Retenons essentiellement ceci : l’homme entre en collision avec l’ordonnance universelle lorsqu’il prétend juger valable­ment des mondes supérieurs en utilisant les critères bons pour le plan physique.

Et nous revenons ici, comme si souvent, sur ce fait capital, sur lequel on ne saurait trop insister : le Christ en tant que Christ n’entre pas dans la catégorie des autres êtres du plan physique ; l’être qui s’incarna en Jésus de Nazareth au moment du baptême de Jean dans le Jourdain n’avait jamais encore été sur la terre ; son être n’est pas de la terre.

C’est donc de plein droit que cet être disait à ses disciples : "Vous êtes d’en bas, moi, je suis d’en haut" (Jean 8, 23), c’est-à-dire : Je viens du royaume céleste, et vous, vous appartenez au royaume terrestre.

Voyons mainte­nant ce qui s’ensuit, et c’est une question : l’être cosmique qui s’est incarné en tant que Christ dans le corps physique de Jésus est-il forcé de juger des choses en être terrestre, d’une manière parfaitement légitime sur la terre ?

Or l’être qui, lors du baptême dans le Jourdain, s’est incarné en Jésus, il ne juge pas selon la terre, il juge selon les cieux ; et son jugement est nécessairement tout autre que celui qu’ont nécessairement les hommes.

Et maintenant, donnons tout son poids à la parole prononcée sur le Golgotha. Le larron de gauche ne croit pas que le Christ n’est pas seulement un être de ce monde, mais aussi un être d’un autre monde, totalement différent. Par contre, juste avant de mourir, le larron de droite en prend conscience : « Ton royaume, ô Christ, n’est pas de ce monde ; souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. »

À ce moment, le larron de droite pressent que le Christ appartient à un autre royaume, où le jugement s’exerce tout autrement qu’ici-bas. Et le Christ, sa­chant qu’il est dans son royaume, peut alors lui répondre : En vérité, à cause du pressentiment que tu as du royaume qui est le mien, tu seras aujourd’hui même - le jour de ta mort - avec moi, dans mon royaume.

Nous avons là le signe de la force supraterrestre du Christ, qui élève l’individualité humaine et lui ouvre l'accès d'un royaume spirituel. Il est bien évident que le jugement des hommes, le jugement terrestre, ne peut faire autre­ment que d'exiger de chacun des larrons - celui de droite tout comme celui de gauche - qu'il acquitte sa dette karmique.

- Mais le jugement céleste a, lui, d'autres critères. Et c'est bien là que les difficultés commencent ; en effet, rien n'empêche ici de dire que s'il en est ainsi, il est tout à fait clair que le jugement du ciel est en contradiction avec celui de la terre. Comment le Christ peut-il pardonner la faute pour laquelle le jugement ter­restre requiert l’application du karma ?

Cette question est vraiment épineuse, mes chers amis ; nous allons quand même, ce soir, l’examiner de plus près. J’insiste néanmoins : le problème auquel nous touchons ici est l’un des plus ardus de la science de l’esprit. Il nous faut en effet établir une distinction que l’âme humaine préfère éviter, car elle ré­pugne à aller jusqu’au fond d’une question qui lui donne du fil à retordre.

Oui, j’insiste, les choses n’iront pas toutes seules et vous serez peut-être obligés de tourner et retourner maintes fois dans votre âme ce que je vais vous dire, afin de voir vraiment ce dont il est question.

Commençons donc par établir une distinction. Considérons en premier comment procède dans le karma la justice objective. Et là, soyons bien au clair : l’homme est effectivement soumis à son karma ; le mal qu’il a fait, il faut qu’il le compense. Celui qui y réfléchit vraiment ne voudrait au fond pas qu’il en fût autre­ment.

Supposons en effet que quelqu’un ait commis une mau­vaise action. Au moment même où il a pu la commettre, il se re­trouve plus imparfait qu’il ne le fût resté sans cela, et son degré antérieur de perfection, il ne peut le retrouver qu’une fois com­pensée la mauvaise action. Il souhaite donc nécessairement tra­vailler à cette compensation, qui est le seul moyen pour lui de recouvrer son degré de perfection précédent.

Notre souci de perfectionnement va donc nécessairement de pair avec le sou­hait qu’existe une justice objective - celle du karma. L’idée même de la liberté humaine rend au fond impossible le souhait de se voir pardonner quelque péché que ce soit, de manière que, par exemple, je crève aujourd’hui les yeux d’un autre, et que demain ce péché soit effacé, que je n’aie plus à l’expier par mon karma.

Celui qui crève les yeux d’un autre est moins parfait que celui qui n’a pas commis un tel acte, il faudra que son karma requière de lui une bonne action compensatoire ; alors seulement il se retrouvera l’homme qu’il était avant sa faute.

Si donc l’on réfléchit vraiment à ce qu’est la nature humaine, il est au fond tout à fait inconcevable qu’on puisse crever les yeux de quelqu’un et se tirer karmiquement d’affaire avec un pardon. Il est donc parfaitement juste que le karma exige le paiement de nos dettes, jusqu’au dernier petit sou.

Mais nous n’avons pas encore fait le tour de la question. La dette, le péché dont nous nous chargeons, ce n’est pas seule­ment une affaire personnelle, c’est aussi - et la distinction est d’importance - une affaire qui concerne le monde, c’est un fait cosmique objectif.

La faute que nous avons commise, nous la ré­parerons par notre karma ; mais que nous ayons crevé les yeux de quelqu’un, c’est là un fait, c’est quelque chose qui s’est réel­lement passé ; et celui qui crève les yeux d’un autre au cours de son actuelle incarnation aura beau compenser cet acte au cours de l’incarnation suivante, l’acte commis - les yeux crevés quelques siècles plus tôt - ne s’en est pas moins inscrit dans la permanence de l’évolution universelle comme un fait objectif.

Son auteur le compensera un jour personnellement. La souillure sur notre propre compte, nous la solderons par notre karma, mais le fait cosmique objectif, lui, demeure, nous ne pouvons pas l’effacer en nous délestant de notre imperfection.

Il faut donc distinguer entre les conséquences d’un péché pour nous-même et ses conséquences pour l’évolution objective du monde.
Cette distinction est d’une extrême importance. Qu’il me soit permis d’avoir ici recours à la connaissance occulte pour en faci­liter la compréhension.

Celui qui considère l’évolution de l’humanité depuis le Mys­tère du Golgotha et qui aborde la chronique de l’Akasha sans être imprégné par l’entité du Christ fait facilement erreur - oui, le risque est énorme. En effet, cette chronique porte des inscrip­tions qui sont très fréquemment en contradiction avec ce que l’on peut lire dans l’évolution karmique des individus. Prenons un exemple.

Supposons qu’en l’an 733 ait vécu un homme ayant commis une faute grave. On entreprend des recherches dans la chronique de l’Akasha, sans avoir au départ le moindre lien avec le Christ. Surprise : on ne trouve pas trace de la faute en ques­tion dans la chronique de l’Akasha. Mais si l’on s’intéresse en­suite à l’individu lui-même, qui a continué à vivre, et que l’on explore son karma, on découvre que ce karma porte encore la marque d’une dette à acquitter ; cette dette, se dit-on, devrait apparaître en un point précis de la chronique de l’Akasha ; or, elle n’y paraît point.

L’examen du karma de l’individu révèle donc l’existence d’une faute qui devrait figurer en bonne place dans la chronique de l’Akasha, mais ne s’y trouve pas. Quelle inconséquence !

Et pourtant, c'est un fait parfaitement objectif, et loin d’être unique en son genre ! Il se peut que je fasse aujourd’hui une rencontre. Si la grâce m’est donnée d’apprendre quelque chose sur le karma de cette personne, je découvrirai peut-être que tel mal­heur, tel coup du sort qui l’a frappée fait partie de son karma, qu’il s’agit du rachat d’une dette antérieure.

Pourtant, si je re­monte le cours de ses incarnations précédentes pour voir quelle faute elle a commise à l’époque, je n’en trouve aucune trace dans la chronique de l’Akasha. Comment cela se fait-il ?

Cela vient de ce que le Christ s’est effectivement chargé de la dette objective. À partir du moment où je m’imprègne du Christ, où c’est avec le Christ que j’explore le contenu de la chronique de l’Akasha, je découvre ce qui me manquait ! Le Christ a pris la dette dans son royaume, c’est son être qui désormais la porte, si bien que si je ne tiens pas compte du Christ, il m’est impossible de trouver cette dette dans la chronique de l’Akasha. Il faut donc bien distinguer deux choses.

La justice karmique demeure ; quant aux conséquences d’une dette dans le monde spirituel, c’est par contre le Christ qui inter­vient ; il fait passer la dette dans son royaume, et dorénavant s’en charge.

Parce que son royaume n’est pas de ce monde, le Christ est celui qui est en mesure d’enlever nos dettes et nos péchés du monde, de les prendre sur lui.

En définitive, que dit donc sur le Golgotha le Christ en croix au larron de gauche ? Il ne parle pas, c’est vrai, mais c’est son si­lence même qui parle : Ce que tu as fait ne s’arrête pas ici ; cela aura des conséquences, non seulement dans le monde phy­sique, mais encore dans le monde de l’esprit.

Et le Christ dit au larron de droite : « Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis. » Ce qui signifie : Je me charge de ton acte ; ce que tu as fait, dans la mesure où cela te concerne toi-même, tu seras amené par ton karma à le réparer un jour.

Mais dans la mesure où ta faute concerne le monde, eh bien - s’il est permis d’em­ployer un cliché -, j’en fais mon affaire ! Voilà ce que dit le Christ. - La distinction que nous faisons ici est capitale, et elle vaut tout autant pour l’époque qui a précédé le Mystère du Gol­gotha que pour celle qui la suit.

J’ai naguère attiré l’attention sur le fait que la descente du Christ parmi les morts après sa mort n’était pas une légende - certains de nos amis s’en souviendront sûrement. Ce faisant, il fit quelque chose pour les âmes qui s’étaient précédemment chargées de dettes et de péchés. Or si, étudiant la chronique de l’Akasha, on explore l’évolution terrestre antérieure au Mystère du Golgotha sans être imprégné par le Christ, on tombe dans la même erreur. On ne verra dans la chronique de l’Akasha qu’un tissu d’erreurs.

C’est pourquoi il n’y a rien de surprenant à ce que quelqu’un comme Leadbeater, qui en réalité ignore tout du Christ, en vienne à des affirmations des plus nébuleuses dans son livre L’homme, d’où vient-il, où va-t-il ? Car seule l’âme qui s’est pénétrée de l’impulsion du Christ est capable de voir dans leur réalité les choses qui, même avant qu’il ait eu lieu, se sont organisées, au sein de l’évolution terrestre, autour de ce Mystère du Golgotha.

Le karma s’applique aux incarnations successives de l’être hu­main. C’est notre jugement terrestre qui est à même de discerner le sens de la justice karmique. Ce que le Christ fait pour l’huma­nité relève d’un jugement qui n’est pas de ce monde. Et s’il en était autrement ? Oui, s’il n’en était pas ainsi ? Songeons un ins­tant à la fin du monde terrestre, au moment où les hommes se­ront arrivés au bout de leurs incarnations terrestres. Un fait est inéluctable : il faudra que tout soit payé, jusqu’au dernier liard.

Les âmes humaines devront avoir réglé leur karma d’une certaine manière. Mais imaginons que la terre, elle, garde les marques de toutes les dettes, que celles-ci continuent à exercer leur action dans la terre. Que se passerait-il à la fin de la période terrestre ? Les hommes auraient réglé leur karma, mais la terre ne serait pas en mesure de se transformer en Jupiter ; alors, l’humanité tout entière serait là, sans lieu où demeurer, sans possibilité de pour­suivre son évolution sur Jupiter.

Que la terre tout entière évolue avec les hommes, cela, nous le devons à l’acte du Christ. Sans lui, tout ce qui serait pour la terre une accumulation de dettes précipiterait celle-ci dans les ténèbres, et nous, les hommes, se­rions privés d’une planète nous permettant de continuer notre évolution. Nous sommes bien en mesure de régler notre propre karma, mais pour ce qui est de l’humanité dans son ensemble, pour ce qui, dans l’évolution terrestre, est lié à l’évolution de toute l’humanité, nous sommes totalement impuissants.

Soyons donc bien au clair : notre karma demeure notre affaire ; mais les conséquences de nos fautes et de nos péchés pour l’évolution terrestre sont, elles, effacées par ce qui est inter­venu lors du Mystère du Golgotha. Mais il est bien évident que tout cela ne peut pas couler de source sans que nous y soyons pour quelque chose, sans notre collaboration.

Cela, le Christ en croix nous le donne nettement à entendre, lorsqu’il prononce les paroles que j’ai citées plus haut. Nous voyons bien que le larron de droite a le pressentiment d’un royaume supra terrestre, où les choses se passent autrement qu’ici-bas.

Il faut que l’homme im­prègne son âme de la substance même du Christ ; il doit en quelque sorte avoir pris dans son âme un peu du Christ, de façon que le Christ agisse en lui et l’élève dans un monde où il est certes impuissant à annuler son karma, mais où, grâce au Christ, sa dette et ses péchés sont effacés pour le monde extérieur.

C’est au fond sous forme d’images que nous retrouvons de merveilleuses représentations de ces choses ; la peinture nous en donne des exemples. Ainsi le Jugement Dernier de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine.

Comment ne pas être profondé­ment impressionné par son Christ-Juge ? Quel en est au fond le motif ?

Laissons de côté l’aspect profondément ésotérique, et oc­cupons-nous seulement de l’image qui s’offre à notre âme. Nous voyons les justes, et nous voyons les pécheurs. Michel-Ange a peint cette scène en chrétien, mais on pourrait tout aussi bien la voir tout autrement, et représenter les hommes face à leur karma au moment où s'achève - ou vient de s'achever - l'évolution terrestre, et se disant :

J’ai certes purgé mon karma, mais mes dettes, elles, sont inscrites partout dans le monde spirituel, sur des tables d’airain, et leur poids alourdit la terre, il va forcément la détruire. Mon karma, je l’ai réglé, et pourtant il est là, il est partout.

Mais cette scène-là ne serait pas vraie ; on pourrait représenter les choses sous cette forme, mais ce serait une contre-vérité.

Car le Christ est mort sur le Golgotha, et de ce fait, l’homme ne verra pas son ardoise chargée de dettes, il verra ce­lui qui s’en est chargé ; il verra rassemblé dans l’être du Christ tout ce qui autrement s’étalerait dans la chronique de l’Akasha. Au lieu de cette chronique, c’est le Christ, s’étant chargé de tout, qui se tient devant lui.

Ici le regard plonge dans de profonds secrets du devenir ter­restre. Mais pour vraiment saisir du regard la réalité des faits, il y a une condition inéluctable. Laquelle ?

C’est que tous les hommes, justes et pécheurs, puissent lever les yeux vers le Christ, qu’ils ne voient pas le vide là où lui doit se voir. C’est d’avoir un lien avec le Christ. Et le larron de droite lui-même té­moigne par ses paroles de son lien avec le Christ. Et lorsque le Christ confia à ceux qui agissent dans son esprit en quelque sorte la mission du pardon des péchés, il ne pouvait absolument pas être question d’entraver l’action du karma !

Mais ce que cela veut dire, c’est que pour celui qui a un lien avec le Christ, le monde terrestre est sauvé des conséquences, des conséquences spirituelles de la dette et du péché, qui restent des faits objectifs, même lorsque le karma ultérieur en a permis le rachat.

Que signifie pour l’âme humaine la parole de celui qui a pouvoir de dire au nom du Christ : « Tes péchés te sont remis » (Matthieu 9, 2) ? Que celui qui lui parle lui affirme ceci, en connaissance de cause : Il faut certes que tu t’attendes à solder ton karma, mais le Christ a transformé ta dette et ton péché, de façon que tu n’aies pas à endurer plus tard l’indicible souffrance de voir que toi, par ta faute, tu as détruit une partie de la terre.

Le Christ efface cette faute. Mais une certaine prise de conscience est nécessaire de ta part, et celui qui veut remettre les péchés et donner l’absolution a le droit de l’exiger : conscience de ta dette et conscience du fait que le Christ peut s’en charger. Alors la parole « Tes dettes te sont remises » dési­gnent un fait cosmique, et non pas un fait karmique.

Il est un passage où le Christ montre d’une manière profon­dément émouvante sa position sur ce problème. À ceux qui lui amènent la femme qu’ils condamnent pour adultère - évo­quons-la devant notre âme, cette scène de la femme adultère (Jean 8, 1-11) -, le Christ donne une double réponse ; d’une part, il trace des signes dans la terre ; de l’autre, ni jugement ni condamnation : il pardonne. Pourquoi ces inscriptions dans la terre ?

Parce que le karma, la justice objective, est à l’œuvre. Pour la femme adultère, son acte est indélébile, le Christ l’inscrit dans la terre. Quant aux conséquences spirituelles de son acte, celles qui ne sont pas terrestres, il en va tout autrement : c’est le Christ qui s’en charge. « Il pardonne, il remet » : cela ne veut pas dire qu’il efface la faute au sens absolu du terme, mais qu’il se charge des conséquences d’un acte objectif.

Réfléchissons maintenant à ce que cela signifie pour l’âme humaine de pouvoir se dire : Oui, j’ai fait telle ou telle chose dans le monde. Mon progrès ne s’en trouve pas entravé, car l’imperfection que je dois à mon acte n’est pas définitive. Il m’est permis de reconquérir mon niveau de perfection dans la suite de mon karma, en rachetant mon acte. Mais pour l’évolu­tion de la terre, ce que j’ai fait est fait et je ne puis le défaire. - Indicibles seraient nos souffrances, s’il n’était pas venu se lier à la terre un être qui défait ce que nous avons fait à la terre et à quoi nous ne pouvons plus rien changer.

Cet être, c’est le Christ. Ce dont il nous décharge, ce n’est pas notre karma subjectif, mais les conséquences des fautes, de la dette. Et c’est cela qui doit être le sujet de notre travail intérieur. Car c’est là notre seul moyen de comprendre un jour que le Christ est en réalité l’être qui est lié à toute l’humanité, à tous les hommes de la terre ; car c’est pour les hommes que la terre existe ; et c’est à cette terre tout entière que le Christ est lié.

Et l’infirmité humaine, conséquence de la tentation luciférienne, c’est l’incapacité de l’homme à racheter la terre comme il se rachète lui-même par son karma subjectif. La rédemption de la terre est l’œuvre de l’être cosmique, du Christ.

Et voilà qui nous éclaire sur l’incapacité de certains théosophes à comprendre que christianisme et karma sont parfaite­ment conciliables. Ce sont ceux qui introduisent dans la théosophie un égoïsme intégral, un égoïsme supérieur, et qui, sans le dire à haute voix, n’en pensent et n’en ressentent pas moins que l’important, c’est le rachat karmique personnel ; tant pis pour le reste du monde : qu’il se débrouille !

Parler de compensation karmique leur suffit, à ces théosophes. Mais avec cela, on n’a rien fait ! L’homme serait un être purement luciférien s’il ne pen­sait qu’à lui-même. Mais il est membre du monde entier : com­ment ne penserait-il pas au monde avec abnégation ?

Ainsi lui faut-il réfléchir au fait qu’il peut assurer son propre salut par son karma, mais qu’il ne peut pas aussi assurer le salut de la terre. Là, il faut l’intervention du Christ. Et du moment où nous pre­nons la décision de ne pas penser à notre seul Moi, nous pen­sons nécessairement aussi à autre chose. À quoi donc ? Au Christ en moi, dit l’apôtre Paul.

Nous sommes alors avec lui lié à toute la terre, et nous ne pensons plus à notre salut personnel ; nous disons : Pas moi et mon salut personnel - pas moi, mais le Christ en moi et la rédemption de la terre !

Mes chers amis, il faut vraiment être bien dénué de sens chré­tien pour interpréter le christianisme comme tous ceux qui, au nom du christianisme authentique dont ils se réclament, accu­sent d’hérésie les autres chrétiens, ceux qui sont anthroposophes, par exemple.

Oui, il faut vraiment manquer de sens chrétien. Peut-être est-il permis de se demander s’il est vraiment chrétien de penser ainsi : Je peux faire n’importe quoi, si le Christ est venu sur la terre, c’est tout simplement pour prendre tout cela sur ses épaules, pour me pardonner mes péchés, de fa­çon que j’en sois débarrassé, que je sois débarrassé de mon karma ! Il me semble que, pour ce mode de pensée, le mot de « chrétien » n’est pas celui qui convient le mieux, et qu’il vaudrait peut-être mieux dire « commode ». Ce serait en effet bien com­mode s’il suffisait d’être contrit pour que tout le mal qu’on a fait dans le monde disparaisse de son compte karmique.

Non, la dette reste inscrite dans le karma, mais elle peut être effacée de ce dont notre faiblesse humaine, due à la tentation luciférienne, nous interdit l’accès, c’est-à-dire de l’évolution de la terre. Et c’est le Christ qui s’en charge. Et la souffrance dont la rédemp­tion des péchés nous délivre, c’est celle d’avoir contribué à gre­ver l’évolution terrestre d’une dette objective pour l’éternité. Il est bien entendu que cette délivrance ne va pas sans que nous nous y intéressions sérieusement.

Mais si cet intérêt existe, nous verrons qu’un travail sérieux et énergique va de pair avec une conception authentique du Christ, ici comme en bien d’autres domaines. Oui, un profond sérieux s’attachera à cette concep­tion du Christ, et l’on verra se démasquer dans leur frivolité et leur cynisme, et s’effondrer, maints aspects inhérents à maintes conceptions du Christ.

Car tout ce que nous venons de dire, et qui renvoie point par point à des passages particulièrement im­portants du Nouveau Testament, tout cela nous confirme que ce que le Christ est pour nous, il l’est parce qu’il n’est pas un homme comme les autres ; il l’est parce qu’il est venu d’en haut, c’est-à-dire du cosmos, se lier lors du baptême dans le Jourdain à l’évolution terrestre de l’homme.

Tout témoigne de la nature cosmique du Christ. Et celui qui saisit en profondeur les rap­ports qu’établit le Christ avec le péché et la dette est porté à dire que parce que l’homme restait incapable d’effacer la faute dont il grevait la terre, il fallait que descendît un être cosmique : lui seul pouvait racheter la dette contractée envers la terre.

Le vrai christianisme ne peut tout simplement que considérer le Christ comme un être cosmique. Mais cela veut dire que notre âme peu à peu se remplit au plus profond d’elle-même du sens réel de la parole « Pas moi, mais le Christ en moi ».

Car la connaissance de la nature cosmique du Christ illumine notre âme de quelque chose qu’il m’est impossible d’exprimer autre­ment que par ces mots : lorsque je me permets de dire « Pas moi, mais le Christ en moi », je reconnais en cet instant que je suis soustrait à la sphère terrestre, qu’en moi vit quelque chose qui a de l’importance pour le cosmos, qu’en ma qualité d’homme je suis trouvé digne de porter en mon âme quelque chose qui n’est pas de ce monde, comme je porte en ce qui me vient de Sa­turne, du Soleil et de la Lune un être qui n’est pas de ce monde terrestre.

Et la conscience qu’aura l’homme de la présence vivante du Christ en lui se chargera d’une immense importance. La parole de Paul, "Pas moi, mais le Christ en moi", ira de pair avec le sentiment de l’infini sérieux de la responsabilité intime de chaque homme à l’égard du Christ. L’anthroposophie, elle, per­mettra qu’apparaisse ce sentiment de responsabilité dans la conscience chrétienne, si bien qu’on cessera de se chercher à tout propos ce genre d’excuse : Que voulez-vous, c’était ce que je croyais, donc j’avais le droit de le dire.

Notre époque maté­rialiste l’enfonce de plus en plus, ce clou-là : « C’était ma convic­tion, donc j’avais le droit de le dire ! » Mais n’est-ce pas couvrir d’opprobre le Christ en nous, le crucifier une nouvelle fois, que de pousser la futilité jusqu’à foncer pour claironner à tous les vents, par le discours ou l’écriture, une quelconque opinion du moment, sans avoir pris la peine d’y regarder de près ?

Si l’humanité prend véritablement les choses au sérieux lors­qu’il s’agit du Christ, elle sera peu à peu pénétrée du sentiment que, pour se rendre digne du Christ qui vit en chacun, il importe de s’approcher de plus en plus consciencieusement de lui, de la présence en nous de ce principe cosmique.

Il est assez évident qu’ils ne veulent pas entendre parler du Christ comme d’un principe cosmique, ceux qui veulent à tout bout de champ faire leur mea culpa, colporter des calomnies et puis passer l’éponge. Celui qui veut se montrer digne du Christ en son âme commencera par vérifier la validité de ce qu’il vou­drait dire, même s’il en est lui-même convaincu.

Il y aura de grands changements lorsqu’on se fera du Christ une conception vraie. Tous ceux - et ils sont légion - qui de nos jours écrivent ou noircissent du papier avec de l’encre sale, vous torchonnant des choses dont ils ne savent rien, ils com­prendront alors que c’est ainsi le Christ qu’en leur âme ils outra­gent. On cessera alors de prendre sa bonne foi comme excuse. Le Christ n’a que faire de la seule « bonne foi », le Christ veut conduire les hommes vers la vérité. « La vérité vous fera libres ! » (Jean 8, 32). Mais où donc le Christ aurait-il dit que l’on peut, tout en restant fidèle à sa pensée, claironner à tout vent ce dont on ne sait rien ?

De nombreux changements se produiront ! Une bonne partie des écrits actuels devra bien évidemment disparaître si les hommes se donnent pour principe la volonté de se montrer dignes de la parole « Pas moi, mais le Christ en moi ». Mais le carcinome qui ronge notre civilisation décadente aura disparu lorsque se tairont les voix qui claironnent tout et rien sur tous les toits, qui sèment leurs barbouillis à tout vent, sans en avoir vérifié l’exactitude.

Il faut bien dire que c’est là un domaine où, même au sein du mouvement théosophique ou en rapport avec lui, nous avons eu un certain nombre d’expériences dont nous nous serions volon­tiers passé. Et l’excuse, on l’a toujours sous la main, n’est-ce pas : « Vous comprenez, il - ou elle - y croyait à ce moment-là dur comme fer ! »

Mais y « croire » de cette manière-là, qu’y a-t-il bien souvent par-derrière, mes chers amis ? L’insouciance la plus totale, la fu­tilité la plus pure ! Il est peut-être permis de faire ici une re­marque qui ne cache en vérité aucun mobile personnel, mais qu’inspire la gravité de l’heure : que la présidente de la Société théosophique, dans un contexte important, lance dans cette So­ciété ce racontar futile, ce conte de Jésuites 17, c’est une chose inexcusable ! Bien sûr, l’histoire est sans doute réglée depuis longtemps, mais l’épisode est si caractéristique qu’il n’est peut-être pas inutile de le rappeler.

Les gens ont dit après coup : Mais voyons, la présidente s’est rétractée quelques semaines plus tard ! - Mais justement, c’est faire du pis qu’on peut que de claironner du haut de sa chaire de responsable quelque chose qu’on est obligé de retirer quelques semaines plus tard, car ce n’est plus seulement de jugement personnel qu’il s’agit : c’est désormais le monde qui juge.

Ajoutons ces données à la distinction que nous avons appris à faire entre le karma subjectif, celui qui se joue dans le Moi de l’être humain, et le karma que nous pouvons dire objectif. Là, aucun mot ne se perdra : chaque être humain doit racheter le mal qu’il a fait. Il n’y a plus rien à changer ; rappelons-nous sim­plement le geste du Christ face à la femme adultère : il inscrit le péché dans la terre. Mais remarquons encore une chose : il faut surmonter l’égoïsme quand il s’agit du mouvement anthroposophique.

Et voyons bien que le discernement subjectif ne suffit pas, que c’est un jugement objectif qui est nécessaire face au monde.
Ce que l’on peut en un certain sens appeler la conscience morale chrétienne viendra au fur et à mesure que le Christ en­trera dans les âmes ; elle viendra lorsque les âmes seront cons­cientes de la présence du Christ, lorsque sera vraie la parole de Paul : « Pas moi, mais le Christ en moi. »

Et les âmes auront de plus en plus conscience que croire ce que l’on dit n’est pas suffisant, mais qu’il importe aussi d’en vé­rifier objectivement l’exactitude.

Le Christ sera pour l’âme un maître de la vérité, un maître de la responsabilité supérieure. Et c’est de vérité, de responsabilité supérieure qu’il imprégnera les âmes qui sauront de mieux en mieux sentir la gravité de cette parole : « Pas moi, mais le Christ en moi. »

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Source : Rudolf Steiner - Le Christ et l'âme humaine



Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
Astropsychologue
Psychanalyste

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