8. Exemple complet de calcul pas à pas
Nous arrivons au terme de notre parcours
consacré au calcul manuel du thème
astrologique.
Jusqu'à présent, chaque chapitre
a présenté une opération particulière :
conversion des heures, coordonnées
géographiques, temps sidéral,
calcul des maisons, positions
planétaires et construction
de la carte.
Nous allons maintenant réunir
ces opérations dans un exercice
continu, en reprenant l'exemple
de Zurich présenté par Bernard Crozier.
L'objectif est de comprendre
l'enchaînement des calculs,
de savoir retrouver chaque résultat
et d'identifier les vérifications
nécessaires avant de considérer
une carte comme achevée.
8.1. Les données de naissance
Prenons l'exemple suivant :
une naissance survenue
à Zurich, en Suisse,
le 1er mars 1950
à 2 h 45 du matin.
Données de départ
Ville : Zurich, Suisse
Date : 1er mars 1950
Heure légale : 2 h 45
Latitude utilisée : 47°30' Nord
Longitude horaire arrondie : 0 h 34 Est
Domification : Placidus
La latitude et la longitude
sont ici les valeurs arrondies
retenues dans l'exercice
traditionnel.
Pour une rectification précise
ou une étude nécessitant
une grande exactitude,
nous utiliserions les coordonnées
géographiques plus détaillées
du lieu de naissance.
8.2. Première opération :
déterminer le temps universel
La première étape consiste
à identifier le régime horaire
applicable à la date
de naissance.
Le 1er mars 1950,
Zurich applique
un régime horaire
de TU + 1 heure.
Il faut donc soustraire
une heure à l'heure légale.
Heure légale : 2 h 45
Décalage : − 1 h 00
Temps universel : 1 h 45
Nous savons désormais
que la naissance correspond
au 1er mars 1950,
à 1 h 45 TU.
C'est cet instant
qui servira de référence
pour le calcul
des positions planétaires.
8.3. Deuxième opération :
calculer le temps local moyen
Zurich se trouve
à l'est du méridien
de Greenwich.
Nous devons donc ajouter
la correction de longitude
au temps universel.
Dans l'exercice de Crozier,
cette correction est arrondie
à trente-quatre minutes.
Temps universel : 1 h 45
Correction de longitude : + 0 h 34
Temps solaire moyen local : 2 h 19
Cette valeur permet
de situer l'instant
de naissance par rapport
au méridien de Zurich.
Elle ne doit pas être
confondue avec l'heure légale
indiquée sur l'acte
de naissance.
8.4. Troisième opération :
calculer le temps sidéral local
Les éphémérides utilisées
dans l'exercice de Crozier
indiquent, pour le
1er mars 1950 à 0 h,
un temps sidéral de :
10 h 32 min 55 s
Dans sa méthode simplifiée,
l'auteur ajoute directement
les 2 h 19 min
du temps local moyen.
Temps sidéral de référence : 10 h 32 min 55 s
Temps local moyen : + 2 h 19 min 00 s
Résultat simplifié :
12 h 51 min 55 s
Ce résultat permet
de suivre fidèlement
la progression de l'exercice.
Pour améliorer la précision,
nous devons cependant tenir
compte de la correction
liée à la différence entre
le temps solaire moyen
et le temps sidéral.
8.5. La correction sidérale
Le jour sidéral
est légèrement plus court
que le jour solaire moyen.
Le temps sidéral progresse
donc plus rapidement
que le temps universel.
Nous utilisons ici
une correction approximative
de 9,856 secondes
par heure universelle écoulée.
Depuis minuit Greenwich,
il s'est écoulé
une heure et quarante-cinq minutes,
soit 1,75 heure.
Durée écoulée : 1,75 h
Correction : 1,75 × 9,856 secondes
Correction ≈ 17,25 secondes
Nous pouvons alors
reprendre le calcul :
Temps sidéral à 0 h TU : 10 h 32 min 55 s
Temps universel écoulé : + 1 h 45 min 00 s
Correction sidérale : + 0 h 00 min 17 s
Longitude horaire : + 0 h 34 min 00 s
Temps sidéral local ≈ 12 h 52 min 12 s
Ce calcul utilise
les valeurs arrondies
de notre exercice.
Pour obtenir un résultat
plus précis, il faudrait
reprendre la longitude exacte
et les données des éphémérides
avec leurs secondes.
8.6. Quatrième opération :
déterminer le Milieu du Ciel
Le temps sidéral local
correspond à l'ascension droite
du méridien supérieur.
Cette valeur est appelée
ascension droite du Milieu
du Ciel, ou ARMC.
Nous pouvons la convertir
en degrés équatoriaux.
1 heure d'ascension droite = 15°
ARMC : 12 h 52 min 12 s
Conversion : valeur × 15° par heure
ARMC ≈ 193°03'
Cette position équatoriale
ne correspond pas directement
à la longitude zodiacale
du Milieu du Ciel.
Il faut utiliser
une conversion
de coordonnées ou
les tables des maisons
appropriées.
Dans son exercice traditionnel,
Crozier relève
un Milieu du Ciel
à 14° de la Balance.
Distinction importante
La valeur de 14° Balance
est celle relevée
dans l'exercice de Crozier.
Elle ne doit pas être présentée
comme le résultat
d'une conversion indépendante
de notre ARMC corrigée.
Une telle conversion
doit être effectuée
séparément pour contrôler
la position exacte.
8.7. Cinquième opération :
déterminer l'Ascendant
Nous connaissons
maintenant le temps sidéral
et la latitude géographique
du lieu de naissance.
Ces deux éléments
permettent de rechercher
l'Ascendant dans
les tables Placidus.
Bernard Crozier utilise
la latitude de 47°30' Nord.
Il sélectionne dans sa table
la ligne de temps sidéral
12 h 51 min 32 s,
proche de sa valeur simplifiée.
Son relevé donne
un Ascendant à 16°44'
du Sagittaire.
Latitude : 47°30' Nord
Temps sidéral retenu : 12 h 51 min 32 s
Ascendant relevé :
16°44' Sagittaire
Pour un calcul corrigé
plus précis, nous devrions
interpoler entre les lignes
encadrant le temps sidéral
de 12 h 52 min 12 s.
8.8. Sixième opération :
tracer les axes fondamentaux
À partir des positions
retenues dans l'exercice
traditionnel, nous pouvons
déterminer les quatre
angles fondamentaux.
Ascendant : 16°44' Sagittaire
Descendant : 16°44' Gémeaux
Milieu du Ciel : 14° Balance
Fond du Ciel : 14° Bélier
Le Descendant se situe
exactement à l'opposé
de l'Ascendant.
Le Fond du Ciel
est opposé au Milieu du Ciel.
Ces quatre positions
permettent de tracer
les deux axes fondamentaux
de la carte astrologique.
8.9. Septième opération :
placer les maisons intermédiaires
Dans la méthode Placidus,
les pointes des maisons
intermédiaires sont relevées
dans les tables,
en fonction de la latitude
et du temps sidéral.
Il faut relever
les maisons XI, XII,
II et III,
puis déterminer
leurs maisons opposées.
Les maisons V, VI,
VIII et IX sont obtenues
en ajoutant 180 degrés
aux pointes correspondantes.
Les valeurs utilisées
pour le dessin définitif
doivent provenir d'un même
calcul cohérent :
soit l'exercice traditionnel,
soit un calcul corrigé.
Ne pas mélanger deux calculs
Si nous décidons d'utiliser
le temps sidéral corrigé,
il faut recalculer
toutes les pointes
des maisons concernées.
Il serait incorrect
de conserver certaines
valeurs issues de la table
simplifiée tout en utilisant
d'autres valeurs recalculées.
8.10. Huitième opération :
calculer la position du Soleil
Revenons maintenant
au temps universel
de naissance :
1 h 45 TU.
Pour notre exercice
d'interpolation, nous avons
utilisé les positions
quotidiennes suivantes
du Soleil.
1er mars à 0 h : 9°50'21" Poissons
2 mars à 0 h : 10°50'33" Poissons
Déplacement journalier : 1°00'12"
Une heure et quarante-cinq minutes
représentent la fraction
suivante d'une journée :
1,75 / 24 = 0,0729167
Le déplacement journalier
correspond à 3 612
secondes d'arc.
3 612 × 1,75 / 24 = 263,38"
Soit 4'23,38"
Position initiale : 9°50'21"
Soleil ≈ 9°54'44" Poissons
Cette position résulte
des données pédagogiques
employées précédemment.
Elle devra être confirmée
dans les éphémérides
originales avant la réalisation
du thème définitif.
8.11. Neuvième opération :
calculer la position de la Lune
La Lune se déplace
rapidement sur le zodiaque.
Son interpolation demande
donc une attention particulière.
Reprenons les positions
utilisées dans l'exercice.
1er mars à 0 h : 25°15' Cancer
2 mars à 0 h : 8°45' Lion
Le franchissement
du Cancer vers le Lion
doit être pris en compte.
Le déplacement journalier
correspond ainsi à 13°30',
soit 810 minutes d'arc.
Pas journalier : 810'
Fraction : 1,75 / 24
Déplacement : 59,0625'
Soit 0°59'03,75"
Lune ≈ 26°14'04" Cancer
Ce résultat illustre
l'interpolation linéaire
à partir des positions
de référence retenues.
Comme pour le Soleil,
les données initiales
devront être confirmées
dans les éphémérides
utilisées pour le thème final.
8.12. Dixième opération :
calculer les autres planètes
Nous devons maintenant
appliquer le même principe
à Mercure, Vénus, Mars,
Jupiter, Saturne, Uranus,
Neptune et Pluton.
Pour chacune de ces planètes,
la procédure comprend
les opérations suivantes.
-
Relever la position
du premier jour.
-
Relever la position
du lendemain.
-
Convertir si nécessaire
les positions en degrés continus.
-
Calculer le pas journalier.
-
Vérifier si le mouvement
est direct ou rétrograde.
-
Multiplier le déplacement
par la fraction de journée.
-
Ajouter le déplacement signé
à la position initiale.
-
Reconvertir le résultat
en signe, degrés,
minutes et secondes d'arc.
Les positions obtenues
devront être réunies
avant de poursuivre
la construction du thème.
8.13. Onzième opération :
placer les planètes dans les maisons
Nous disposons désormais
d'une méthode pour déterminer
les longitudes zodiacales
des planètes.
Nous pouvons donc reporter
chaque position
sur le cercle zodiacal.
Une fois la planète placée,
nous recherchons
la maison dans laquelle
elle se situe.
Cette attribution dépend
des pointes des maisons
précédemment calculées.
Une planète située
entre deux pointes successives
appartient géométriquement
à la maison délimitée
par ces deux pointes.
Il faut effectuer cette
opération pour chaque planète
et ne pas déduire
les maisons de la seule
position des signes zodiacaux.
8.14. Douzième opération :
rechercher les aspects
Lorsque les positions
planétaires ont été
déterminées, nous pouvons
rechercher les aspects.
Nous calculons la distance
angulaire séparant
chaque paire de planètes.
Pour cela, nous utilisons
les longitudes absolues
de 0° à 360°.
Écart = | longitude A − longitude B |
Distance = minimum
(écart ; 360° − écart)
Nous comparons ensuite
cette distance
aux angles des aspects
retenus pour notre étude.
L'orbe est la différence
entre l'angle exact
de l'aspect
et la distance obtenue.
Le caractère appliquant
ou séparatif d'un aspect
nécessite également
d'examiner les mouvements
relatifs des planètes.
8.15. Treizième opération :
dessiner la carte définitive
Nous pouvons maintenant
réunir toutes les données
vérifiées sur
une carte astrologique.
Le cercle extérieur
représente les signes
du zodiaque.
Les pointes des maisons
délimitent les douze
secteurs de la domification.
Les symboles planétaires
sont placés
à leurs longitudes respectives.
Les aspects retenus
sont ensuite représentés
par des segments
à l'intérieur du cercle.
Il convient de conserver
une présentation suffisamment
lisible pour distinguer
les signes, les maisons,
les planètes et les aspects.
8.16. Contrôler la cohérence
du résultat
Avant de considérer
le thème comme achevé,
nous devons vérifier
plusieurs éléments.
-
La date et l'heure
de naissance utilisées.
-
Le régime horaire
et le temps universel.
-
Les coordonnées
géographiques du lieu.
-
Le temps sidéral local
et sa correction.
-
Les positions des angles
et des maisons.
-
Les positions planétaires
et leurs interpolations.
-
Le sens des mouvements
directs ou rétrogrades.
-
Les maisons occupées
par les planètes.
-
Les distances angulaires
et les orbes des aspects.
Les quatre angles fondamentaux
doivent être cohérents
avec la domification choisie.
Les positions planétaires
doivent correspondre
au même instant universel.
Enfin, la carte graphique
doit reproduire fidèlement
les résultats des calculs.
8.17. Ce qu'il reste
à compléter dans notre exemple
Les opérations présentées
dans ce chapitre constituent
une méthode complète
de calcul manuel.
Pour achever matériellement
notre thème de Zurich,
nous devons néanmoins
réunir et contrôler
toutes les valeurs
numériques définitives.
Il reste notamment
à confirmer les positions
planétaires à partir
des éphémérides originales,
à recalculer les pointes
Placidus selon le temps
sidéral retenu,
puis à déterminer
les maisons et les aspects.
Une distinction essentielle
Une illustration pédagogique
n'est pas nécessairement
une carte entièrement calculée.
Le dessin final de notre exemple
ne devra comporter
que des positions effectivement
calculées ou vérifiées.
Les valeurs encore manquantes
ne doivent pas être remplacées
par des positions imaginées
pour compléter le graphique.
8.18. Conclusion du cours pratique
Le calcul manuel du thème
astrologique permet
de comprendre les opérations
que les logiciels réalisent
aujourd'hui automatiquement.
Il montre que la carte
du ciel ne résulte pas
d'une seule opération,
mais d'une succession
de transformations
temporelles et géométriques.
L'heure légale doit d'abord
être convertie en temps universel.
Les coordonnées géographiques
permettent ensuite de calculer
le temps sidéral local.
Celui-ci conduit
à la détermination
des angles et des maisons,
tandis que les éphémérides
permettent de calculer
les positions planétaires.
Toutes ces données
sont finalement réunies
dans une représentation
unique : la carte du ciel.
Comprendre cette succession
d'opérations constitue
une base précieuse
pour tout astrologue
souhaitant maîtriser
les fondements techniques
de sa pratique.