Présentation de la cosmologie selon la science de l'esprit

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Présentation de la cosmologie selon la science de l'esprit

Pascal Patry astrologue et thérapeute à Strasbourg 67000
Publié par Pascal Patry dans Anthroposophie · 28 Septembre 2022
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Esquisse de présentation de la cosmologie selon la science de l'esprit

Fragment des années 1903-1904 - Partie 1

L’existence de l’être humain actuel ne se déroule pas seulement dans un état de conscience mais dans plusieurs.

L’état de conscience normal est celui qui prévaut entre le réveil et l’endormissement.

L’être humain perçoit alors les choses par ses sens et en forme des représentations.

C’est ainsi que le monde physique est présent pour lui.

C’est à lui aussi que s’appliquent les forces de son âme : la pensée, le sentiment, la volonté et l’agir.

Cet état de conscience alterne avec deux autres : l’état de rêve et l’état de sommeil profond sans rêve.

On désigne ces états souvent du mot « inconscient ». Mais cette désignation voile le fait dont il s’agit ici. Ce ne sont en vérité que d’autres sortes de cons­ciences.

On pourrait parler de sortes plus sourdes.

Le sommeil empli de rêves ne montre pas les objets comme le fait la conscience diurne, car ce qui surgit dans l’âme, ce sont des images.

Ces images peu­vent être troublantes par rapport à la conscience normale mais leur mise en lumière est à même de pénétrer plus avant dans la nature du monde. Telles qu’elles se présentent dans la vie nocturne de l’âme, elles ne peuvent pas fournir une base valable de connaissance.

Elles ne le peuvent que pour celui qui a développé, dans le sens d’une formation telle que présentée dans ce livre, des forces de la connais­sance supérieure qui lui permettent de voir les mondes supérieurs. Dans ce chapitre sera donnée une description des faits valables pour ces mondes supérieurs.

Celui qui emprunte le chemin de la connaissance supérieure trouvera aussi la confirma­tion de ces faits.

Ce qui frappe avant tout dans les rêves, c’est le caractère symbolique de leurs images. Une attention subtile des expériences oniriques multicolores peut clairement mettre en évidence ce caractère.

Ce monde fugace peut aller du simple symbole aux pro­cessus les plus dramatiques en passant par toutes les formes intermédiaires. On rêve par exemple d’un incendie, on se réveille et on constate qu’on s’est endormi à côté de la lampe de chevet.

On n’a pas perçu sa lumière dans le rêve comme on la perçoit dans le monde sensoriel mais sous la forme symbo­lique de l’incendie.

On rêve d’un bruit de cavalcade ; on se réveille, et la cavalcade se transforme en un battement de la montre-réveil, qui est ainsi symbo­lisé.

Ou encore, on rêve d’être griffé à la figure par un animal ; on se réveil et on a mal à la joue, le rêve a trouvé ce symbole. Un rêve plus long pourrait être celui-ci : on se promène en forêt, on perçoit un bruit, on continue la promenade et un homme surgit d’un buisson.

Il se met à attaquer. Un combat s’ensuit, l’attaquant tire. Le rêveur se réveille à ce moment et voit qu’il a renversé la chaise à côté de son lit. Le choc a traversé sa conscience de rêve qui en a trans­formé l’action extérieure en une action symbolique.

Le rêve transforme les actions extérieures, mais aussi, comme la griffure de la joue, les expériences inté­rieures en actions symboliques. Les rêves peuvent aussi représenter des affects, des ambiances.

Par exemple, on peut vivre une ambiance oppressive à la veille de jours difficiles ; dans le rêve cela se traduit
par une impression de noyade.

Ces exemples montrent deux caractéristiques de la conscience de rêves : le caractère imagé et le caractère symbolique qui contient quelque chose de créatif. Le caractère créatif n’appartient pas à la conscience diurne éveillée. Celle-ci reflète simple­ment les choses de l’environnant telles qu’elles sont dans le monde physique extérieur. La conscience de rêve ajoute quelque chose qui provient d'une autre source.

Comment s’ouvre cette source ? Elle s’ouvre par le fait que les sens dont dépend la conscience éveillée s’endorment pendant le sommeil, ni plus ni moins. Le mutisme de l’activité de ces sens s’exprime par le fait que la conscience de soi disparaît.

Car justement, la conscience de soi est liée à l’activité sensorielle, sans quoi elle sombre dans l’abîme.

Ce fait est exprimé dans ce qu’on désigne dans la science de l’occulte par les mots : l’âme de l’être humain s’est retirée du monde physique. Celui qui ne prétend pas que l’être humain cesse d’exister dans le sommeil pour réapparaître au réveil sera d’accord de dire que, pendant le sommeil, l’être humain vit dans un autre monde que dans le monde physique.

On appelle cet autre monde le monde astral.

Pour l’instant le lecteur admettra ce terme comme désignant le monde dont l’homme pressent l’existence grâce à l’expérience de ses rêves. La description de ce terme se fera dans d’autres chapitres de ce livre.

Pendant le sommeil, l’être humain réside dans le monde astral. Les faits et les êtres de ce monde se présentent par des images. La conscience accueille ces images, mais la conscience de soi fait défaut.

Essayons d’en avoir une représentation par une comparaison avec un exemple pris dans la vie quoti­dienne. L’être humain ne perçoit le monde extérieur que grâce à ses organes sensoriels.

Sans ouïe pas de son, sans yeux pas de couleur et ainsi de suite. Si le corps de l'homme pouvait développer un nouvel organe sensoriel, une chose nouvelle lui apparaîtrait dans le monde extérieur. C’est ce qui se passe avec l’aveugle né qui retrouve la vue après une opération ; la lumière et la couleur sont pour lui des choses nouvelles.

Ainsi, de même que le corps physique possède des organes pour percevoir le monde physique, de même, pendant le rêve, un autre corps, celui de l’âme possède des organes pour percevoir un autre monde, le monde astral. Seulement, il n’y a pas de conscience de soi reliée à ce corps. Dans cette situation, cette conscience de soi est alors en dehors du domaine de l’être humain.

S’il était alors impossible que la conscience de soi soit présente aussi dans cet état de conscience, l’être humain ne pourrait jamais percer les situations dont il s’agit. Or cela est possible par la formation que l’on appelle l'initiation dont j’ai parlé plus haut et qui est évoquée dans ce livre.

On apprend par l’initiation à former dans le corps astral des organes de la percep­tion spirituelle tout comme il y a des organes de la perception sensorielle. Lorsque ces organes ont été développés, on a pendant l’état de rêve la conscience de soi tout comme elle est présente d’ordinaire dans la vie quotidienne.

Lorsque ce degré d’existence est atteint, la vie de rêve elle-même se transforme signi­ficativement.

Elle se débarrasse du coloris confus lié au sensoriel, et montre à sa place un ordre et une harmonie qui se place loin au-dessus de ce que peut offrir le monde ordinaire. L’être humain devient conscience qu'il y a autour de lui un autre monde, tout comme il y a un monde de lumière et de cou­leurs invisible autour d’un aveugle avant que celui-ci n’ait subi une opération lui rendant la vue.

Le moment significatif où les organes de la perception spirituelle se mettent en activité est appelé dans la science occulte le réveil ou la renaissance.

À l’instant de ce réveil, l’être humain éprouve dans son environnement la présence d’un monde supérieur dans lequel non seulement les choses du monde physique acquièrent des caractéristiques nouvelles mais aussi qu’il s’y trouve des faits et des entités qui lui étaient inconnus jusqu’alors.

Il voit clairement aussi que dans ce monde se trouvent les images dont proviennent les choses du monde sensoriel. Il est très pertinent de comparer l’appari­tion des choses du monde sensoriel comme celle de la glace sur l’eau.

Tout comme la glace est de l'eau transformée, le monde physique est le monde astral transformé. Tout comme l’eau est fluide, le monde astral qui se trouve derrière le monde physique est fluide lui aussi. Les objets physiques apparaissent par la solidification momentanée du fluide astral en perpétuel mouvement.

Il n’y a pas de forme fixe dans le monde astral, tout bouge et s’interpénètre. Un objet ou un être physique n’apparaît que comme une fixation momentanée de ce fluide.

On ne peut pas chercher des contours fixes dans le monde astral, c’est une erreur qui empêche de voir ce monde totalement différent du monde physique.

Tout comme les êtres du monde physique s’incar­nent dans des corps physiques, les images du monde astral sont l’expression d’entités qui n’atteignent pas le monde physique. Elles ne s’expriment pas dans la même substance que l’être humain sur le plan physique dans sa chair et son sang.

Quelle est cette substance astrale ?

Ce n’est autre que ce que l’être humain a, en effet, en lui-même. Seulement, à l’état éveillé, cette substance est recou­verte en lui par les représentations sensorielles.

Toutes les représentations sensorielles sont liées aux désirs, aux souhaits, aux répulsions, aux sympathies et antipathies. La conscience désire un objet et en repousse un autre.

C’est dans ces désirs et ces répul­sions qu’il faut chercher la source à laquelle puise également la conscience de rêve lorsqu’elle trans­forme les choses en symboles. La conscience de soi éveillée fournit l’aliment correspondant aux désirs et aux souhaits.

Lorsque l’activité des sens extérieurs se tait, une autre force créatrice intervient pour former des images dans la substance des désirs et des sou­haits.

Ainsi la science occulte dit que l’être humain en état de rêve se trouve dans le corps astral formé des désirs et des souhaits et que la conscience de soi a quitté le corps physique.

Chez l’initié ou le « réveillé » la situation est la suivante. Le corps astral a aussi quitté le corps physique, mais la conscience demeure dans le corps astral. Ainsi, de même que les organes sensoriels extérieurs peuvent percevoir la matière extérieure parce qu’ils sont formés de la même matière, de même les organes des sens supé­rieurs peuvent percevoir les êtres du monde astral parce que ces sens supérieurs sont formés de la substance astrale des désirs et des souhaits par les­quels elle s'exprime.

La différence entre le profane et l’initié réside dans le fait que le premier ne voit pas le monde astral comme extérieur à lui, ce qui est le cas du second.

Ce monde astral reste intérieur chez le profane, il le vit en tant que désirs et souhaits, mais il ne le voit pas. L’initié non seulement éprouve ses désirs, mais il les perçoit dans le monde extérieur tout comme le pro­fane perçoit les tables et les chaises.

Le monde des rêves n’est qu’un pâle reflet de ce monde des initiés du fait que la conscience de soi n’est pas présente. Où se trouve cette conscience de soi lors du rêve ?

Elle s’est retirée dans un monde supérieur où l’être humain en tant que tel ne se trouve pas d’emblée. Montrons par un exemple le rapport que l’être humain entretient avec ce monde supérieur.

Pensons à une main humaine et à un outil. Aussi longtemps que la main tient l’outil, les deux forment un tout ; le second exécute ce que com­mande la première.

Dès que la main dépose l’outil, celui-ci est abandonné à lui-même ; aussi les mou­vements de la main ne sont que l’expression de la volonté de l’être humain à laquelle elle appartient. Pendant la vie éveillée, le corps physique est l’instru­ment d’une partie supérieure de l'entité à laquelle il appartient.

Lorsque cette entité prolonge un membre dans le corps physique, celui-ci reçoit l’activité sensorielle et en même temps la conscience de soi. Lorsque cette partie supérieure quitte le corps physique, la conscience de soi le quitte aussi.

Ainsi, l’entité intérieure capable d’une conscience de soi se prolonge par intermittence dans le corps physique et l’enveloppe de la conscience de soi.

L’image est plus parlante encore si on la compare à une enveloppe qui se détache, comme une goutte se détachant du filet d’eau à laquelle elle appartient et qu’elle rejoint plus tard dans sa course.

Car, en effet, l’être humain n’a pas conscience à l’état éveillé de son rapport avec la partie supérieure de son entité, il est donc effective­ment détaché d’elle.

Dans le sommeil la conscience de soi doit le quitter, car elle se retire dans la partie supérieure de son entité ; celle-ci l’aspire, et la cons­cience de soi demeure enfermée en elle.

Lors du sommeil sans rêve le monde des images disparaît. Le corps semble alors reposer dans une totale absence de la conscience, mais en fait, elle est là, il ne s’agit que d’une conscience plus atténuée, plus sourde que dans l’état de rêve.

La force forma­trice d’image s’est aussi retirée du corps physique. C’est pourquoi, seules les visions de l’initié peuvent percer ce phénomène. Le profane n’en a pas les per­ceptions.

L’initié voit alors le corps de formation des images, qui était encore lâchement attaché au corps physique, s’en détacher complètement comme un corps extérieur. Mais il ne reste pas inactif pour autant, au contraire, maintenant il restaure les forces fatiguées du corps physique. C’est la partie régénéra­trice du sommeil.

Le corps physique harassé sombre dans le sommeil. Il abandonne sa conscience de soi à des êtres supérieurs. Dans l’état intermédiaire du rêve l’âme reste encore partiellement attachée au corps physique. La caractéristique de cette âme, c’est sa créativité.

À l’instant du réveil, elle commence à appliquer sa force de créativité à intérioriser ce que lui communiquent les organes sensoriels.

À l’instant de l’endormissement les communications sensorielles extérieures se taisent.

Lors de l’état intermédiaire du rêve, l’activité créatrice de l’âme continue en faisant apparaître des symboles ; puis cela s’arrête aussi, l’âme porte alors tout son effort sur le corps physi­que qu’elle, élabore maintenant de l’extérieur. Indé­pendamment des communications de la science de l’esprit, le simple fait que l’on se sente régénéré au réveil montre qu’il y a une activité de l’âme pendant le sommeil.

La vie éveillée a quelque chose de dysharmonique, de chaotique.

Les impressions du monde physique agissent de toutes parts sur l’être humain. Dans l’âme pénètre tantôt ceci, tantôt cela. Les forces intérieures de formation subissent des perturbations de leur nature originelle. La nuit réta­blit leur équilibre. L’âme rétablit l’ordre et l’harmonie.

À cause de la vie éveillée le corps physique ressemble à une masse d’air mélangée irrégulière­ment par des courants venant de toutes parts.

Au réveil on peut le comparer à une masse d’air ordon­née et vibrant selon les rythmes et les harmonies d’une pièce musicale. Et au regard de l’initié le travail de l’âme apparaît comme une imprégnation du corps par des sonorités. Dans le sommeil l’être humain plonge dans l’harmonie de la vie de l’âme.

Or c’est de cette même harmonie que le corps physique a été formé.

Avant de s’ouvrir au monde par les organes sensoriels pour la première fois, le corps physique était totalement sous l’effet de cette harmonie. Cette harmonie de l’âme imprègne le monde tout entier de ses sonorités. L’être humain est alors entouré de ces accords, tout comme il était auparavant entouré par les images.

Tout comme le monde environnant des images s’ouvre réellement à l’être humain initié, sur un plan supérieur s’ouvre aussi ce troisième monde. Les sons commencent à résonner autour de lui, et ceux-ci lui révèlent le sens du monde.

Tout comme les formes du monde physique sont apparues grâce aux images, elles ont reçu leur signification intérieure et leur existence grâce aux sons ainsi évoqués. De ce point de vue, toutes choses sont des sons devenus formes.

Pendant la vie éveillée l’être humain est composé de trois corps : le corps physique, le corps éthérique (ou de formation) et le corps astral. Le corps phy­sique contient les organes sensoriels implantés en lui par le monde extérieur, et il héberge la conscience de soi.

Le corps éthérique a un caractère mobile et formateur dont les images sont en même temps les archétypes du corps physique qui en est la solidifi­cation. Le corps astral donne son empreinte aux deux premiers par une harmonie du son.

Lors du sommeil avec rêve l’âme se retire du corps physique ; elle reste encore en lien avec les deux autres corps, elle inonde le corps astral de son et le corps éthérique d’images. Ces dernières pénètrent jusque dans le corps physique, ce qui permet d’en avoir une conscience atténuée.

Lors du sommeil sans rêve, l’âme n’est plus liée qu’au corps astral. Ce qu’elle opérait par la croissance à partir de l’intérieur du corps physique, elle l’opère maintenant à partir de l’extérieur de celui-ci. L’activité qu’elle exerce de l’extérieur sur le corps physique n’atteint généra­lement pas la conscience claire de l’être humain.

Nous avons donc en fait trois états de conscience du corps physique : la conscience éveillée, la cons­cience de rêve et la conscience de sommeil sans rêve.

L’initié voit s’ouvrir en lui la conscience des deux derniers états ; grâce à cette « lucidité », il vit dans les mondes supérieurs tout comme d’ordinaire on vit éveillé dans le monde physique. Il y a donc cinq états de conscience ordonnés selon le degré de lucidité :

1. la conscience du sommeil sans rêve
2. la conscience de rêve
3. la conscience éveillée de jour
4. la conscience imaginative de l’initié
5. la conscience sonore de l’initié.

Songeons maintenant que si les deux derniers états de conscience sont acquis par la formation selon la science de l’esprit, il apparaît clairement que la conscience de jour est aussi le résultat d’un déve­loppement à partir des deux premiers.

C’est ce que montre la science de l’esprit. Elle explique que l’être humain des origines a traversé une étape où il n’avait qu’une conscience à peine formée, la conscience du sommeil profond où aucun rêve ne se présentait.

Puis, au cours de révolution l’être humain a atteint la conscience de rêve et finalement la conscience de jour que nous connaissons aujourd’hui. Celui qui emprunte la voie de l’initiation poursuit cette ligne du développement et atteint les deux états supérieurs de la conscience.

Or l’initié peut atteindre encore un état supérieur de conscience. Car on voit de ce qui précède que l’âme, dans la conscience de son, est encore liée au corps physique humain.

Cette liaison peut s’arrêter complètement. L’âme peut quitter totalement le corps physique. C’est ce qu’apprend à faire l’initié. Et pour percevoir encore quelque chose, il doit disposer d’organes d’une sorte encore plus élevée.

Dans ce cas, le sens de l’environnement s’exprime immédia­tement, sans l’intermédiaire du son. Ce degré le plus élevé de la conscience est nommé conscience spiri­tuelle ou pure conscience spirituelle. Dans l'énumé­ration ci-dessus des degrés de conscience, il faudrait que corresponde en l’être humain aussi un degré de conscience encore plus atténué que celui du sommeil sans rêve.

Or c’est le cas, logiquement, mais l’être humain ne peut pas le vivre en réalité.

Son âme devrait avoir quitté totalement le corps physique ; le sommeil sans rêve devrait être séparé d’un état totalement dépourvu de l’âme. Cela signifierait en fait que le corps est abandonné momentanément à lui-même, c’est-à-dire mort momentanément.

On ne peut pas exposer le corps physique à ce danger, car il pourrait ne plus être capable d’accueillir l’âme à nouveau.

Au cours du développement cet état a précédé celui de la conscience sans rêve, si bien que la suite complète des états de conscience est la suivante :

1. la conscience basse la plus sourde
2. la conscience du sommeil sans rêve
3. la conscience de rêve
4. la conscience claire de jour
5. la conscience imaginative de l’initié
6. la conscience sonore de l’initié
7. la conscience spirituelle.

À l’époque actuelle, le corps humain n’a atteint que le quatrième état de conscience. Les états supérieurs peuvent être atteints par l’initié, il accède alors aussi aux mondes supérieurs.

Il faut se représenter le dé­veloppement du corps physique humain comme ayant franchi les trois premiers états pour atteindre le degré de conscience actuel et que dans le sommeil il lui reste des reliquats des degrés antérieurs.

Le pre­mier degré a été complètement effacé par révolution. Les trois degrés de conscience supérieure de l’initié ne peuvent pas encore se manifester dans le corps physique de l’être humain actuel, car il n’a pas encore développé les organes à cet effet. Ce sont des formes prophétiques que le corps physique pourra atteindre
un jour.

Partant de cela, pour se représenter correctement le monde, il faut le considérer comme étant quadru­ple : le monde physique des sens corporels, un monde d’images dont est enveloppé et empreint le premier, un monde de son qui traverse les deux pre­miers et finalement un monde spirituel qui est à la base de tous les autres.

Ce monde d’aujourd’hui a été précédé par un autre dans lequel l’être humain vivait comme un être rêvant. Son corps physique était alors dans le même état qu’aujourd’hui lorsqu’il dort. L’environnement ressemblait à un panorama d’images en mouvement.

Les objets n’avaient pas de contours fermes. Cet état était interrompu par des périodes correspondant aujourd’hui au sommeil sans rêve. Ce dernier était aussi interrompu par un état qui ne peut plus être atteint aujourd’hui et dont le contenu était celui du premier état mentionné plus haut, la forme de conscience la plus basse.

Dans un monde antérieur, l’être humain ne pou­vait même pas atteindre l’état du sommeil avec rêve. Le degré de conscience le plus élevé qu’il atteignait alors était celui du sommeil sans rêve lequel était interrompu par des périodes de conscience la plus basse, aujourd’hui complètement effacée. Cette der­nière a perdu toute signification pour le développe­ment actuel.

Dans le premier monde que la science de l’esprit peut évoquer, l’être humain n’atteignait même pas l’état du sommeil sans rêve, il ne dépassait pas celui de la conscience la plus basse, lequel était interrompu par deux états qui ne peuvent plus être évoqués aujourd’hui.

Ainsi la science de l’esprit envisage un passé extrêmement lointain du développement ; on dis­tingue quatre degrés par lesquels le corps physique humain a passé.

Mais on envisage aussi le futur où les trois degrés de conscience accessibles aux initiées se réaliseront dans le monde physique. Notre monde actuel sera relayé par un monde où les corps physiques humains auront développé des organes lui permettant en toute conscience de percevoir un monde d’images en perpétuel mouvement et, qui plus est, il se verra lui-même comme tel aussi.

Puis on jette le regard sur un monde futur ultérieur encore, où les images seront traversées par les sons harmoniques qui exprimeront leur être intérieur. Et pour finir la science de l’esprit envisage un monde de nature spirituelle, mais qui aura déversé son esprit dans la nature physique.

La science de l’esprit présente donc un dévelop­pement du monde dans lequel l’être humain atteint des degrés de conscience successifs. Elle désigne ces degrés de l’évolution par des noms portés mainte­nant par des planètes qui circulent dans le système solaire.

L’étape vécue par l’être humain dans sa cons­cience la plus basse est désignée par l’étape satur­nienne, l’étape de la conscience sans rêve par l’étape solaire et l’étape de la conscience de rêve par l’étape lunaire. La quatrième étape, l’étape actuelle avec la conscience à l’état éveillé, est l’étape terrestre.

Les étapes futures où les états de conscience que les ini­tiés peuvent entrevoir aujourd’hui auront atteint leur forme physique sont appelées dans l’ordre les étapes Jupiter, Vénus et Vulcain.

Ce qui différencie l’état de conscience de l’initié de celui de l’être humain lors des prochains Jupiter, Vénus et Vulcain, repose sur le fait que le premier doit s’élever dans les mondes supérieurs pour éprou­ver les consciences supérieures correspondantes, tandis que l’être humain futur disposera de cette conscience dans le monde physique.

Cela repose sur le fait que l’initié d’aujourd’hui forme les organes de la perception spirituelle correspondante à partir des forces des mondes supérieurs. Des organes de même valeurs seront conférés à l’avenir au corps physique des humains à partir de l’environnement physique.

Car l’être humain peut percevoir le monde autour de lui selon les substances dont sont formés ses organes. À l’avenir le monde environnant de l’être humain possédera des forces formatrices qui pour l’heure ne sont encore que dans les mondes supé­rieurs.

On peut donc se représenter le devenir du monde comme une incorporation progressive des mondes supérieurs dans le physique. La terre est la quatrième incorporation. Elle possède dans son articulation physique la capacité de conférer à l’être humain les organes de la conscience de vie éveillée.

Au sens de la science de l’esprit elle s’est développée à partir d’un autre état physique qui pouvait conférer à l’être humain la conscience de rêve. Cet état est dénommé « Lune ».

C’est à partir de cet état de Lune que la Terre s’est développée, en acquérant la possi­bilité de conférer à l’être humain les organes de la conscience de la vie éveillée.

La Lune s’est dévelop­pée à partir de l’ancien Soleil. Ce qui forme la terre actuelle était autrefois l’ancien Soleil. La science de l’esprit désigne par ancien Soleil l’état de la Terre lorsqu’il fut capable de conférer à l’être humain la conscience de sommeil sans rêve. Et avant cela la Terre était à l’état de l’ancien Saturne.

Comment un tel corps céleste acquiert-il la possi­bilité de former les organes humains correspon­dants ? Il ne le pourrait jamais si ces organes n’étaient pas préfigurés par des êtres précurseurs du genre humain.

Par le fait que les initiés d’aujourd’hui préparent les organes du prochain Jupiter, ils créent la possibilité que les images formatrices du monde environnant prennent un caractère physique.

La concrétisation dans le corps physique est provoquée par le fait que les formes sont d’abord présentes dans le monde, dans les formes de l’esprit. Les initiés deviennent ainsi les transformateurs des mondes qu’ils habitent. D’eux émanent les forces formatrices qui plus tard font apparaître les choses dans l’envi­ronnement physique des hommes.

Ainsi les initiés du stade lunaire ont-ils préfiguré dans l’esprit la forme physique de la Terre. L’envi­ronnement terrestre de l’être humain constitue le contenu de leurs expériences de l’âme. Ces initiés percevaient la terre comme leur objet d’un monde supérieur.

En ce sens, la science de l’esprit connaît sept grands cycles ou périodes planétaires dont la Terre représente le quatrième. Chaque cycle est lié à un progrès dans la formation du corps humain. Cette connaissance permet à cette science de caractériser le développement actuel du monde par la « tétrade ».

C’est ce que Pythagore, par exemple, enseignait à ses élèves avec la « tétrade ». Le « quatre » est le nom­bre du « grand monde », c’est-à-dire du monde que l’être humain habite aujourd’hui. Ce monde l’a élevé au quatrième degré de la conscience.

L’être humain en tant que tel est désigné de « petit monde » par la science occulte. Il possède en prédisposition dans son âme ce qui deviendra physi­quement le grand monde. Il est donc en chemin d’étendre « son petit » monde intérieur au « grand monde ». Il porte en lui le sein maternel créateur du « grand monde ». Dans ce sens la science occulte voit en l’être humain le germe créateur de l’avenir, une « intériorité » qui tend à se réaliser dans une « exté­riorité ».

Avant d’être créatrice dans le monde extérieur, cette âme doit acquérir une certaine maturité.

Elle doit pouvoir éprouver intérieurement ce qu’elle formera ultérieurement à l’extérieur.

Par exemple, pour par­venir à implanter dans le corps physique les organes de la conscience éveillée, l’âme a dû traverser des étapes de développement qui lui ont conféré peu à peu cette capacité.

Ainsi elle a dû traverser d’abord le premier état de conscience avant de le créer dans la réalité ; de même pour les autres états de conscience. Les stades d’évolution que l’âme a dû traverser por­tent dans la science occulte le nom de stades de vie. Il y a par conséquent aussi sept stades de vie, comme il y a sept stades de conscience.

La me se distingue de la conscience par le fait qu’elle a un caractère intérieur, tandis que la conscience repose sur un rapport au mode extérieur.

Si l'on applique cela à la Terre, on peut dire qu’avant que la conscience éveillée du corps humain n’apparaisse sur la terre, il a fallu que ce corps pla­nétaire traverse quatre étapes qui sont appelées les quatre stades (ou états) de vie.

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Rudolf Steiner




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Pascal Patry
Praticien en psychothérapie
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