Psychose et névrose

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La réalité de l’être humain est multidimensionnelle. Cette richesse multidimensionnelle se constitue d’une part par l’importance de notre partie inconsciente et interne, et d’autre part par la richesse de toutes nos expériences vécues. À cela se rajoutent nos besoins, nos désirs, nos sentiments, nos idées, nos passions.


Mais notre réalité est aussi faite de peurs, de tensions, de blessures et de difficultés à gérer nos émotions. Le tout que forme un être humain est une composante multiple où les éléments se combinent, s’emboîtent, fusionnent, se combattent aussi parfois.


Nous connaissons des états divers qui peuvent aller de l’énigme de nos ténèbres avec comme conséquence une profonde prostration, de l’abattement, de l’accablement, de l’affaiblissement, de l’apathie, de l’atonie, de la fatigue. En ce cas apparaît langueur, lassitude, marasme, peine, stress, surmenage. Mais nos états divers peuvent aussi aller jusqu’à la lumière la plus sublime dans des moments d’exaltations. C’est alors l’allégresse qui envahit notre âme : béatitude, bonheur, enthousiasme, gaieté, joie, jubilation, plaisir, ravissement parfois. De la réjouissance au vertige mystique, la panoplie des possibles est grande, tout aussi grande que dans les ténèbres.


Sur la ligne médiane se trouve notre équilibre, ligne sur laquelle nous tentons de tenir bon entre les hauts et les bas par la force de notre volonté. Alors se trace notre chemin vers notre réalité spirituelle entre les sombres profondeurs bouillonnantes et insondables du centre de la Terre et le soleil qui luit là-haut, majestueux et sublime qui à trop le regarder peut nous aveugler.


Après cet aspect quelque peu poétique, voilà du point de vue psychanalytique à quoi se résument nos vies : entre la névrose qui peut nous abattre jusqu’à nous morfondre et la psychose qui peut nous entraîner dans les plus grands délires tant y brille la lumière, se tient un point d’équilibre ; la sublimation.


La sublimation consiste d’une part à trouver des concepts pour rendre la vie concrète, lorsque commence à poindre le délire psychotique, c’est-à-dire qu’elle ramène le soleil sur la terre, elle rend concret de l'amour spirituel en l’adaptant à la nécessité des besoins terrestres.


"Je ne sais pas où j'étais" dira une personne guérie de sa psychose après avoir prononcé des paroles qualifiées de délirantes dans sa tentative de parler la lumière ! Les témoignages des personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente, qui dise avoir vu la "lumière" diront toutes que leur vie a radicalement changé, que la vie a une valeur tout autre que celle qu'ils lui connaissaient avant, plus riche, plus belle, qu’elle vaut vraiment la peine d’être vécue, etc. Et elles diront toutes qu’elles ont mises longtemps avant d’en parler de peur d’être prises pour folles ! Elles ont attendu que leur expérience se conceptualise, que leur expérience devienne une réalité pour leur quotidien. Elles n’ont plus peur de la mort et elles semblent avoir compris la Vie !


D’autre part, la sublimation porte l’être vers le soleil lorsqu’il arrive à s’arracher de la pesanteur. On parle alors de transcendance. Ainsi, voit-on dans ce que l’on nomme nos maladies psychiques le processus naturel de notre devenir.


L'Homme en permanence s'arrache à ses ténèbres en même temps qu'il s'élève vers le soleil. Puis du soleil redescend sur la terre pour transformer cette dernière par la lumière reçue et conceptualisée. « Je revois enfin le jour », dira une patiente traitée pour névrose après son travail analytique.


C'est parce que nous travaillons tous à notre être que quelque part se trouve le vrai visage de notre Terre ; qui nous dira son nom ?


Pascal Patry


Praticien en psychothérapie & astropsychologue





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