Je vous dis encore que, si deux d'entre vous s'accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom,

je suis au milieu d'eux.

Matthieu 18-19



Le mot processus vient du latin pro (au sens de « vers l'avant ») et de cessus, cedere (« aller, marcher ») ce qui signifie donc aller vers l'avant, avancer.


La notion de processus est centrale dans les théories de la psychologie, ce terme désigne généralement les mécanismes fondamentaux qui opèrent dans l'esprit ou le psychisme de l'individu.



A. Les conditions du processus thérapeutique.


Le processus thérapeutique est subordonné aux conditions suivantes :


1. L'existence d'un contact entre deux personnes. C’est le « Tu » qui crée le « Je ». Sans l’autre « Je » est  inexistant.


2. L'existence chez la première personne, appelée client/patient, d'une discordance intérieure, d'une vulnérabilité ou d'une anxiété qui peuvent se résumer en un inconfort de vie appelant à questionnement.


3. L'existence chez la seconde, appelée thérapeute, d'une concordance intérieure (congruence) ou intégrité relationnelle. Le thérapeute est centré en lui-même, il se trouve dans une attitude de non-perturbation, une attitude d’ouverture et d’écoute sans a priori et sans préjugés. Le thérapeute ne s’évertue pas à adopter cette attitude, il est intérieurement cette attitude.


4. L'existence, chez le thérapeute, d'un regard (considération inconditionnellement) positif pour le client/patient. Cette considération est purement et simplement humaine. Elle n’est pas fabriquée, induite, simulée ou recherchée. Elle est partie intégrante du thérapeute.


5. L'existence, chez le thérapeute, d'une compréhension empathique du système de référence propre au client. Toute personne a besoin d’être acceptée comme elle est.


6. La perception, au moins embryonnaire, par le client/patient des conditions 4 et 5, c'est-à-dire du regard inconditionnellement positif et de la compréhension empathique que lui porte le thérapeute.




B. Le processus thérapeutique.


La réalisation durable des conditions précédentes déclenche un processus dont l'orientation générale présente, chez le client/patient, les caractères suivants :


1. Une liberté croissante d'expression, qu'elle soit motrice ou verbale, de ses sentiments.


2. Une capacité croissante à découvrir puis à exprimer les sentiments qui sont vraiment les siens.


3. Une capacité croissante à différencier et à discriminer les objets de ses affects ou de ses percepts, qu'il s'agisse de son environnement, d'autrui, de lui-même ou de sa propre expérience vécue, et le tissu de relations noué entre eux. Ses percepts deviennent de plus en plus précis ; en d'autres termes, ses expériences font l'objet d'une symbolisation plus pertinente.


4. Une manifestation croissante, à travers les sentiments qu'il exprime, de la discordance qui existe entre une partie de son expérience vécue et l'image qu'il a de lui-même.


5. Une prise de conscience progressive de la menace que fait peser sur lui cette discordance interne.

(Seul le regard inconditionnellement positif du thérapeute - porté sur la discordance comme sur la concordance, sur l'anxiété comme sur la quiétude - permet d'affronter consciemment cette menace).


6. Un contact intime, et conscient, avec les sentiments dont il avait, dans le passé, refusé de prendre conscience, ou qu'il avait déformés.


7. Une réorganisation progressive de l'image qu'il a de lui-même, permettant l'assimilation et la prise en compte des expériences vécues dont il avait précédemment refusé de prendre conscience. Expériences ayant pu engendrer une conscience biaisée.


8. À mesure de cette restructuration du moi, un ajustement progressif de l'image qu'il a de lui-même avec ses propres expériences se produit. Le moi prend désormais en compte les expériences qu'il avait jusqu'alors jugées trop menaçantes pour s'en donner une pleine conscience.


9. Une aptitude croissante à vivre, sans le ressentir comme menaçant, le regard inconditionnellement positif du thérapeute.


10. Un regard sur soi de plus en plus inconditionnellement positif.


11. Une référence croissante à lui-même comme source d'évaluation.


12. Une tendance à réagir à son expérience propre moins en termes de valorisation morale que de valorisation organique.




C. Effets sur la personnalité et changements dans le comportement


1. Des progrès dans la congruence, ou concordance intérieure, et dans l'ouverture à l'expérience personnelle vécue, accompagnés d'une attitude moins défensive.


2. Un réalisme, une objectivité et une largeur de vue améliorés.


3. Une plus grande efficacité dans la résolution des problèmes.



4. Un équilibre psychologique amélioré, et proche de l'optimum.


A. Cet équilibre est à la fois l'effet et le prolongement de la restructuration positive du moi décrite en B7 et en B8.


5. Une moindre vulnérabilité à la menace, effet d'une meilleure congruence entre l'image de soi et l'expérience vécue (Conséquence de C4, ci-dessus).


6. Une image du moi idéal plus réaliste et plus accessible (Effet de C2, ci-dessus).


7. Une meilleure congruence entre le moi réel et le moi idéal, effet des changements décrits en C4 et en C5.


8. La réduction de toutes les formes de tension (tension physiologique, tension psychologique, forme particulière de tension psychologique connue sous le nom d'anxiété), effet de la meilleure congruence entre le moi réel et le moi idéal d'une part (C7), entre le moi et le vécu d'autre part.


9. Le renforcement de l'estime de soi.


10. L'intériorisation des critères d'évaluation et de choix.


A. En conséquence de C9 et de C10, une plus grande confiance en soi et une plus grande autonomie.


B. En conséquence de C1 et de C10, une construction des valeurs à travers un processus de valorisation interne.


11. Un plus grand réalisme et une plus grande rigueur dans la perception d'autrui.

(conséquence de C1 et de C2).


12. Une plus grande tolérance envers autrui, effet d'une perception qui n'a plus besoin d'être biaisée.


13. Diverses modifications du comportement.


A. Une meilleure prise en charge des comportements personnels, grâce à une meilleure intégration de l'expérience vécue, permise par la restructuration du moi.


B. Inversement, une réduction de l'irresponsabilité.


C. Un comportement de mieux en mieux perçu comme dépendant de soi.


14. Un comportement perçu par les autres comme plus sociable et plus mûr.


15. Un comportement plus créatif, plus apte au changement, plus authentique et plus responsable sur le plan personnel comme sur le plan moral, résultat de C1, C2 et C3.



Fin.

Sous réserve de rajout ou de modification.




Bibliographie pour approfondir :





Le processus thérapeutique

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